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Le Brexit expose moins la Wallonie que la Flandre

Le Brexit expose moins la Wallonie que la Flandre

Illustration AFP

Le Royaume-Uni est le 5e client de la Wallonie, qui y a exporté pour 2 milliards de biens l’an dernier. La Flandre est plus exposée, avec plus de 15 milliards d’exportations et un secteur du textile fortement lié au marché britannique.

«Oui, il y aura un impact du Brexit sur les relations commerciales entre la Belgique et le Royaume-Uni», mais les chiffres restent incertains, souligne Pascale Delcomminette, administratrice générale de l’Awex. «Cela coûtera probablement plus cher aux entreprises qui souhaitent exporter.»

La Wallonie a exporté 7% de ses exportations vers le Royaume-Uni l’an dernier. Les produits les plus exportés proviennent de la chimie et pharmacie, les machines, les équipements, l’optique, le plastique et les métaux ainsi que l’agro-alimentaire.

Grâce à son économie ouverte, la Flandre, elle, a exporté pour 15,2 milliards d’euros outre-manche en 2015 (8,1% des exportations flamandes). Le textile, l’alimentaire et le transport sont les plus populaires.

L’industrie du textile a déjà prévenu que le Brexit entraînerait des pertes de chiffre d’affaires, comme l’a indiqué Fa Quix, directeur général de la fédération Fedustria. Principalement concentré en Flandre occidentale, le secteur produit du textile d’intérieur, des tapis, des matelas… «Un mètre sur trois s’en va pour le Royaume-Uni, qui est notre plus grand marché d’exportation», explique Fa Quix.

Pour Pascale Delcomminette, il ne faut «paniquer». «La sortie des Britanniques prendra du temps. Je reste persuadée que le pays restera un moteur mondial et que les relations commerciales perdureront. Après tout, 45% des exportations britanniques sont destinées au marché européen, tandis que 55% de ses importations proviennent de l’UE.»

Un «helpdesk» pour répondre aux questions des entreprises

Le ministre de l’Economie, Kris Peeters, et le groupe d’experts qu’il a constitué pour analyser les conséquences pour les entreprises belges d’un retrait du Royaume-Uni de l’UE ont convenu vendredi de mettre sur pied un «helpdesk» central pour répondre aux questions que ne manqueront pas de se poser les sociétés belges, ont-ils annoncé, tout en rejetant tout sentiment de «panique».

«Il a été convenu que la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique) mais aussi d’autres organisations (patronales) vont prendre l’initiative de rassembler toutes les questions des entreprises et que nous allons organiser un ‘helpdesk’[…] pour formuler des réponses», a affirmé M. Peeters (CD&V) à l’issue d’une réunion d’urgence de ce groupe d’experts.

Placé sous la direction de l’homme d’affaires et baron Paul Buysse (Bekaert), ce groupe est composé notamment du gouverneur de la Banque nationale, Jan Smets, du président de BNP Paribas Fortis, Herman Daems, et du patron du port de Zeebrugge, Joachim Coens.

Selon différentes études, la Belgique pâtirait d’un retrait de la Grande-Bretagne de l’Union à hauteur de 0,5% du PIB, soit 2,1 milliards d’euros. Un Brexit pourrait entraîner la perte de 12 000 emplois chez nous.

M. Buysse a toutefois appelé lors d’un point de presse les entreprises «à ne pas paniquer», expliquant que les négociations avec Londres sur les modalités d’un Brexit ne débuteraient qu’en octobre et devraient durer deux ans.

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