BREXIT

Réactions après le vote du Brexit : « Un coup porté à l’Europe »

Réactions après le vote du Brexit : « Un coup porté à l’Europe »

Angela Merkel a dénoncé un «coup porté à l’Europe». AFP

Le camp des partisans d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est donné vainqueur du référendum. Les réactions se multiplient.

Angela Merkel (chancelière allemande)

Angela Merkel a pris acte du «coup porté à l’Europe» par le Brexit et annoncé avoir invité lundi à Berlin le président français François Hollande, le Premier ministre italien Matteo Renzi et le président du Conseil européen Donald Tusk.

«C’est avec regret que nous prenons acte de la décision de la majorité de la population britannique […] c’est un coup porté à l’Europe, un coup porté au processus d’unification européenne», a-t-elle dit dans une déclaration à la presse.

François Hollande (président français)

«Le vote des Britanniques met gravement l’Europe à l’épreuve», a déclaré lors d’une allocution officielle François Hollande, regrettant «profondément ce choix douloureux». «L’Europe ne peut plus faire comme avant […] Le danger est immense face aux extrémismes et aux populismes […] L’Europe est une grande idée et pas seulement un grand marché, et c’est sans doute à force de l’avoir oublié qu’elle s’est perdue», a poursuivi M. Hollande, assurant notamment que l’UE «doit être comprise et contrôlée par ses citoyens».

Il a confirmé qu’il se rendrait lundi à Berlin pour y retrouver la chancelière allemande Angela Merkel, avant le sommet européen post-Brexit de mardi et mercredi à Bruxelles.

«La France sera donc à l’initiative pour que l’Europe se concentre sur l’essentiel», a promis le président français, citant: «la sécurité», «l’investissement pour la croissance et pour l’emploi», «l’harmonisation fiscale et sociale», ainsi que «le renforcement de la zone euro et de sa gouvernance démocratique».

Barack Obama (président des USA)

Le président américain Barack Obama a pris acte vendredi du Brexit, affirmant que le Royaume-Uni et l’Union européenne resteraient «des partenaires indispensables» des États-Unis.

«Les habitants du Royaume-Uni ont parlé et nous respectons leur décision», a indiqué, dans un bref communiqué, M. Obama qui avait pris très clairement position en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l’UE.

«La relation spéciale entre les États-Unis et le Royaume-Uni s’inscrit dans la durée», souligne-t-il, ajoutant que la présence du Royaume-Uni au sein de l’OTAN «reste une pierre angulaire» de la politique étrangère américaine.

Insistant sur la relation également cruciale des États-Unis avec l’UE, il souligne le rôle joué par l’Union «pour promouvoir la stabilité, stimuler la croissance économique et favoriser la diffusion des valeurs et des idéaux démocratiques à travers le continent et au-delà».

Fin avril à Londres, M. Obama s’était directement investi dans la bataille du référendum en se livrant à un vibrant plaidoyer en faveur du maintien de son allié britannique au sein de l’UE et en mettant en garde contre les conséquences d’un Brexit.

«L’Union européenne ne diminue pas l’influence britannique, elle l’amplifie», avait-il avancé.

Le Royaume-Uni «perdrait de son influence mondiale» s’il décidait de quitter l’UE, avait-il lancé.

«Certains pensent peut-être qu’il y aura un accord de libre échange États-Unis/Royaume-Uni mais cela n’arrivera pas de sitôt […]. Le Royaume-Uni sera en queue de peloton», avait-il prévenu lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre britannique David Cameron, qui a annoncé vendredi sa démission.

Ses commentaires avaient été très vivement critiqués par le camp pro-Brexit, qui avait dénoncé l’» ingérence» du président américain et son «hypocrisie».

Nicolas Sarkozy (ancien président français)

L’ancien président français Nicolas Sarkozy a demandé vendredi après la victoire du Brexit un «nouveau traité» européen, prévoyant notamment le renforcement des contrôles aux frontières et l’arrêt du processus d’élargissement de l’Union européenne.

«Le peuple britannique a choisi» et «la lucidité commande de dire que ce sentiment de rejet est partagé par beaucoup de Français et beaucoup d’autres Européens. Ce qu’a dit le peuple britannique, d’autres peuples en Europe peuvent le dire. Nous ne pouvons, nous ne devons l’ignorer», a souligné M. Sarkozy, lors d’une déclaration.

Evoquant une «crise majeure» de l’Union européenne, le président du parti d’opposition de droite Les Républicains, a jugé «urgente» la question de «sa refondation profonde», par l’élaboration d’un nouveau traité.

«L’Europe peut fonctionner sans les Britanniques et nous avons d’ailleurs du temps pour repenser notre relation avec notre voisin. En revanche, l’Europe désormais à 27 ne peut plus fonctionner de cette manière», a-t-il souligné.

A cette fin, Nicolas Sakozy a demandé «qu’une réunion de chefs d’Etat et de gouvernement européens prenne la décision d’élaborer un nouveau traité qui montrera aux peuples de notre continent que l’Europe est décidée à reprendre son destin en main».

Il suggère de bâtir ce traité sur «cinq piliers»: respect des frontières extérieures de l’Europe, mise en place d’un «gouvernement économique de la zone euro», concentration des compétences de l’UE sur «une dizaine de priorités stratégiques» et meilleur fonctionnement institutionnel.

Enfin, «le processus d’élargissement de l’Europe doit être clairement stoppé jusqu’à nouvel ordre (...) La Turquie n’a pas sa place dans l’UE», a insisté Nicolas Sarkozy.

 

Vladimir Poutine

 

Le vote historique en faveur d’un retrait du Royaume-Uni de l’UE est du à «l’attitude présomptueuse et superficielle» du gouvernement britannique qui a organisé le référendum, a estimé vendredi le président russe Vladimir Poutine.

«L’organisation de ce référendum et ses résultats, ce n’est rien d’autre que l’attitude présomptueuse et superficielle des autorités britanniques envers des questions cruciales pour le pays et pour l’ensemble de l’Europe», a déclaré M. Poutine, cité par l’agence officielle TASS.

Les conséquences de ce vote seront «globales», a-t-il estimé, tout en précisant qu’il fallait attendre pour savoir si celles-ci seraient plutôt positives ou plutôt négatives.

En ce qui concerne les sanctions européennes contre la Russie, liées à la crise ukrainienne, «je ne pense pas que cela puisse influencer nos relations avec l’Union européenne dans ce domaine», a ajouté le président russe.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a pour sa part assuré espérer que le Brexit permettra une amélioration des relations entre la Grande-Bretagne et la Russie.

«Nous espérons que dans cette nouvelle réalité, la nécessité de construire de bonnes relations l’emportera», a déclaré M. Peskov aux journalistes, disant regretter n’avoir «pas toujours constaté une volonté de coopération de la part de nos partenaires britanniques».

«L’Union européenne est un important partenaire économique de la Russie, c’est pourquoi Moscou a intérêt à ce que l’UE reste une force économique florissante, stable et prévisible», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a été moins optimiste en dénonçant des «risques supplémentaires pour l’économie mondiale, y compris pour l’économie russe».

«Bien sûr, cela ne nous réjouit pas», a-t-il déclaré, cité par l’agence de presse publique Ria-Novosti.

Les résultats de ce référendum «ont démontré de manière spectaculaire les graves divergences au sein de l’UE sur toute une série de questions cruciales», a réagi de son côté le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les relations entre la Grande-Bretagne et la Russie sont empoisonnées par de nombreux sujets, notamment l’enquête anglaise sur la mort à Londres en 2006 de l’ex-agent du FSB (services secrets russes) Alexandre Litvinenko et les sanctions occidentales contre Moscou, dont Londres est un des plus fervents défenseurs.

«Sans la Grande-Bretagne dans l’UE, il n’y aura plus personne pour pousser à de nouvelles sanctions contre nous», s’est félicité sur Twitter le maire de Moscou, Sergueï Sobianine.

Marc Tarabella (député européen – PS)

«Les Britanniques ont finalement dit non à l’Europe. C’est bien sûr un échec mais cela peut devenir une opportunité», a estimé l’eurodéputé belge Marc Tarabella (PS/S&D).

«Un échec parce que le projet européen tel qu’il est ne convainc plus les foules, un échec aussi pour David Cameron qui, pour se faire réélire, a ouvert une boîte de Pandore qu’il n’a jamais réussi à refermer. Mais c’est aussi une opportunité: celle de recommencer l’ouvrage sur de bonnes bases en réformant profondément les règles de fonctionnement et les institutions européennes, avec les États membres vraiment motivés par le projet, et en évitant de proposer une Europe à la carte: une Europe qui fonctionne et qui réponde de manière plus efficace aux attentes des citoyens. Cela passera par une profonde remise en question», a ajouté M. Tarabella.

Ce dernier estime désormais que les Britanniques devront payer le «prix de cette sortie», et qu’il est hors de question de «leur offrir des conditions trop avantageuses et autre statut hautement préférentiel sans quoi l’effet domino sera inévitable, chaque État pouvant être tenté par un chantage pour assouvir ses propres caprices».

Tony Blair (ancien Premier ministre britannique)

Le résultat du référendum est «très mauvais pour notre pays, pour l’Europe et pour le monde», selon le social-démocrate qui prône désormais une réponse «mature et réfléchie».

Il a appelé, sur la BBC, le gouvernement à ne pas prendre «de décisions hâtives», ajoutant que le Royaume-Uni devait «réfléchir» et «être uni» car il était encore confronté à d’importants défis économiques et politiques.

Donald Tusk (président du Conseil européen)

«Il s’agit d’un moment historique mais assurément ce n’est pas un moment pour des réactions hystériques», a souligné Donald Tusk, l’air grave, lors d’une brève allocution.

«Nous sommes préparés pour ce scénario négatif», a-t-il affirmé, avant de préciser que le droits et les obligations des États membres continueraient à s’appliquer au Royaume-Uni, jusqu’à la sortie effective du pays de l’Union.

M. Tusk a conclu son intervention en reconnaissant que ces dernières années avaient été particulièrement «dures pour l’Union européenne», mais ajouté que ce «qui ne tue pas, rend plus fort».

Martin Schulz (président du Parlement européen)

«La réaction en chaîne que les eurosceptiques célèbrent maintenant un peu partout n’aura absolument pas lieu», a affirmé M. Schulz, dans une déclaration à la télévision publique, tout en déclarant qu’il allait discuter avec (la chancelière) Angela Merkel des moyens de l’éviter».

«Je ne suis pas choqué», a-t-il également déclaré, ajoutant: «nous nous étions préparés». «Nous respectons ce résultat mais la Grande-Bretagne a décidé de partir», a-t-il regretté.

«Cela va avoir des conséquences et je ne crois pas que d’autres pays vont être encouragés à suivre ce chemin dangereux», a souligné M. Schulz, pointant «la grande responsabilité» du Premier ministre britannique David Cameron dans ce vote.

Frank-Walter Steinmeier (ministre allemand des Affaires étrangères)

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier a estimé vendredi que le résultat du référendum en Grande-Bretagne marquait «un jour triste pour l’Europe et la Grande-Bretagne», sur son compte Twitter.

«Les nouvelles de ce matin en provenance de Grande-Bretagne sont une vraie désillusion. Il s’agit d’un jour triste pour l’Europe et la Grande-Bretagne», a écrit le ministre dans un tweet en anglais.

Geert Wilders (député d’extrême droite néerlandais)

«Le jeudi 23 juin sera inscrit dans l’histoire comme le jour de l’Indépendance. L’élite europhile est vaincue. Le Royaume-Uni indique à l’Europe le chemin vers l’avenir et la libération. Le temps est venu d’un nouveau départ, fondé sur ses propres forces et la souveraineté. Aussi aux Pays-Bas», a fait savoir le parti d’extrême droite dans une réaction.

Marine Le Pen (présidente du Front national en France)

La chef de file de l’extrême droite française Marine Le Pen a réclamé vendredi un référendum: «Victoire de la liberté! Comme je le demande depuis des années, il faut maintenant le même référendum en France et dans les pays de l’UE», a écrit la présidente du Front national (FN) sur son compte Twitter.

Jean-Marc Ayrault (ministre français des Affaires étrangères)

La France a regretté le vote britannique. «L’Europe continue mais elle doit réagir et retrouver la confiance des peuples. C’est l’urgence», a écrit le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault sur son compte Twitter, dans la première réaction officielle de Paris au Brexit. Le ministre s’est dit «triste pour le Royaume Uni».

Didier Reynders (MR)

«Je respecte la décision qui est le fruit d’un processus démocratique mais je la regrette», a commenté le chef de la diplomatie belge. «Au gouvernement britannique d’agir à présent sur base de l’article 50 du Traité de Lisbonne», a ajouté Didier Reynders.

Il s’agira aussi de voir comment gérer les relations, notamment économiques, qui ont toujours été très bonnes avec le Royaume-Uni, «ne pas se couper de relations positives».

Ce Brexit est par ailleurs une occasion pour «tenter de relancer le projet européen», a dit M. Reynders

Paul Magnette (PS)

«Le Brexit est un recul historique pour le Royaume-Uni et un affaiblissement géopolitique majeur pour l’Union européenne», a estimé le ministre-président wallon, Paul Magnette (PS), sur son compte Twitter.

«Il faut maintenant négocier une autre relation entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. La Belgique doit prendre une grande initiative diplomatique de relance», a-t-il ajouté.

«La Wallonie plaide pour une refondation de l’UE autour de l’efficacité énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique», a encore déclaré M. Magnette.

Marie Arena (PS)

Le Brexit est «évidemment une déception et une défaite amère pour les Européens convaincus dont je fais partie», a commenté l’eurodéputée belge Marie Arena (PS/S&D).

«En promettant un référendum sur le maintien ou la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le Premier ministre conservateur David Cameron a joué avec le feu et s’est brûlé les ailes. Non pas parce que la consultation populaire n’était pas adaptée à cette question, mais parce que David Cameron n’a jamais soutenu ou défendu l’idée européenne. Que du contraire: il n’a eu de cesse de détruire le projet européen en ne le considérant que comme un ‘marché’bénéfique au business britannique et en rejetant toute forme d’intégration sociale, clé d’une meilleure cohésion et d’une véritable Union des peuples européens», a-t-elle ajouté.

Karel De Gucht (Open VLD)

«Je pense que la carrière politique de David Cameron est terminée. Il ferait mieux d’aller au VDAB (NDLR: le Forem flamand) afin de trouver un nouvel emploi», a commenté Karel De Gucht (Open Vld) sur Radio 1, en réaction à la victoire des partisans de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne au référendum britannique.

«Je ne crois pas aux référendums. Ca ne permet de régler aucun problème», a jugé l’ancien commissaire européen, qui a qualifié cette journée de triste pour le Royaume-Uni, mais également pour l’Europe.

«Nous perdons l’un de nos plus grands États membres, ce qui affecte notre image dans le monde. Nous allons traverser une période très difficile», a-t-il ajouté. La sortie des Britanniques de l’Union aura également des conséquences sur la croissance dans l’ensemble de l’Europe, selon le libéral flamand, qui pointe aussi les coûts des exportations qui vont augmenter.

Jan Jambon (N-VA)

Le résultat du référendum au Royaume-Uni doit inviter l’Union européenne à «se poser des questions» sur ses choix, a réagi le vice-premier ministre N-VA Jan Jambon rappelant que sa formation n’avait jamais été une grande partisane d’une Europe fédérale. C’est aussi ce qu’ont dit les défenseurs du Brexit. Il est temps d’ «écouter les citoyens européens plutôt que les technocrates européens», a commenté le chef de file nationaliste.

Jan Jambon a toutefois évoqué le Brexit comme un «jour noir» pour l’Europe. Il faut cependant respecter le processus démocratique dont le résultat est complexe, a-t-il observé, avec des votes pour le maintien en Irlande du Nord et en Écosse.

Geert Bourgeois (N-VA)

«Le Royaume-Uni offrait une plus-value énorme à l’Europe tant sur le plan économique que politique. Nous respectons le choix posé et nous devons désormais négocier de manière pragmatique afin de rendre ce Brexit aussi doux que possible», a regretté le ministre-président flamand Geert Bourgeois.

M. Bourgeois a rappelé que le service d’études du gouvernement flamand avait calculé qu’un Brexit pourrait coûter 2,5% de PIB à la Flandre d’ici 2030.

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