DIABLES ROUGES

Les confidences de Tintin Marquez, le coach qui a fait passer le nouveau Diable, Christian Kabasele, d'attaquant à défenseur

Les confidences de Tintin Marquez, le coach qui a fait passer le nouveau Diable, Christian Kabasele, d'attaquant à défenseur

Kabasele a changé de position à la demande de Tintin Marquez. Imagesports.be / LPR

Diable rouge depuis… lundi, Kabasele doit une partie de sa réussite à Tintin Marquez, ce coach qui l’a fait passer de buteur sans relief à solide défenseur.

Le 23 juillet 2013: c’est ce jour-là, à l’ombre de la BayArena de Leverkusen, que le destin de Christian Kabasele bascule. L’AS Eupen dispute alors son avant-dernier match de préparation face au Bayer de Sami Hyypiä. Une rencontre qui se solde par une victoire de prestige (1-2), mais par une vilaine blessure, aussi. Diawandou Diagne, défenseur central, est touché à la clavicule et out pour un bon bout de temps.

Quatre jours plus tard, Eupen rend visite au VVV Venlo (1-1). Dernière répétition avant l’entame du championnat de D2 2013-2014 et, surtout, premières minutes de Christian Kabasele au poste de défenseur central. Une grosse surprise signée Bartolome «Tintin» Marquez, coach eupenois de l’époque et ancien entraîneur de l’Espanyol de Barcelone.

«À la suite de la blessure de Diawandou, nous manquions de solutions derrière, se souvient-il, depuis sa résidence barcelonaise. J’ai alors cherché une alternative. Et Christian, avec sa vitesse et sa puissance, avait un profil très intéressant. Or, cette année-là, je savais que devant, il allait être barré par Florian Taulemesse. La saison précédente, il avait peu joué. Il avait des qualités, mais son manque de réussite face au but était un gros frein pour la suite de sa carrière. Avec le recul, je me dis qu’il n’avait pas beaucoup d’avenir comme attaquant…»

Par contre, comme défenseur, «Kaba» va rapidement impressionner.

Une relation d’amour-haine

«Tout le mérite lui en revient, car c’est quelqu’un d’intelligent et il a réagi très positivement à ce changement de position, ce que d’autres n’auraient pas forcément accepté. Pour le reste, c’est bien simple: après l’avoir vu à l’entraînement et après son premier match à ce poste-là, j’ai dit aux dirigeants d’Eupen qu’il fallait absolument le faire prolonger (NDLR: Kabasele arrivait en fin de contrat). Mais voilà: dans le monde du football, les nouvelles vont vite et à Eupen, la direction a réagi trop tard par rapport à d’autres…»

Cette année-là, le jeune Liégeois postposera à plusieurs reprises la signature de son nouveau contrat chez les Germanophones. Jusqu’à ce que la presse annonce son départ pour Genk. Le clash. «J’ai été joueur pro et sur le fond, je comprends son choix. Par contre, sur le moment, j’ai été vexé par son manque de franchise. Néanmoins, avec le recul, je pense que j’ai mal réagi, avoue Marquez, sans club depuis son limogeage d’Eupen en mars 2015. Je me suis rangé du côté du projet eupenois (NDLR: mis en place par les Qataris d’Aspire qui y placent de jeunes Africains et Qataris) et j’ai favorisé certains éléments au détriment de notre meilleur défenseur que j’ai subitement mis sur le banc. J’ai commis une erreur et peut-être que cette année-là, ce choix nous a coûté la montée en D1». C’est là tout le paradoxe de ce qui devait être une belle histoire, mais qui s’est mal terminé. «Aujourd’hui, tout ça est oublié», poursuit le mentor ibérique, toujours sur le ton du mea culpa.

Des clubs espagnols intéressés

«Je suis très heureux pour Christian de voir qu’il a percé à Genk et qu’il va prendre part à l’Euro! Mais au fond, je ne suis pas surpris. Ce garçon a tout pour réussir et s’il joue ne serait-ce qu’un peu à l’Euro, je suis persuadé qu’il va franchir un nouveau palier. Ce mec est taillé pour l’Angleterre (sic). En fait, Christian est taillé pour n’importe quel championnat! D’ailleurs, je peux vous dire que plusieurs clubs espagnols m’ont déjà interrogé concernant Kabasele. Il est suivi de près, croyez-moi!»