BANDE DESSINÉE

Eden, Kev, Vince, Lolo et les autres…: voici «Les Diablitos»

«Les Diablitos», ce sont les grands Diables quand ils étaient petits. Mais d’abord des gamins mordus de foot, imaginés par notre confrère Jean Derycke.

Il y a là Eden, Kev, Marouane, Radja, Axel, Dries, Romelu, Adi (Januzaj, vous vous souvenez?), Lolo et un paquet d’autres garnements en culottes (pas toujours) courtes. Et autant être clair dès le début: toute ressemblance avec plusieurs des Diables rouges actuellement en stage avec Marc Wilmots (alias Monsieur Willie) en Suisse n’est pas fortuite.

Hup! Hup!, Berco

Et pour cause: les Diablitos, dont le titre constitue une astucieuse référence aux «Pablitos» d’Éric Castel (avis aux nostalgiques), ce sont les Diables quand ils étaient petits. Pas étonnant, du coup, que l’idée émane de notre collègue Jean Derycke, chargé de couvrir l’actualité de notre sélection nationale depuis de nombreuses années. Et que l’idée de ramener ceux qu’il côtoya notamment au Brésil lors de la dernière Coupe du monde à l’état d’enfants taraudait depuis un moment déjà. Pour autant, comme il le dit lui-même, les Diablitos, «ce sont d’abord des gamins qui font des bêtises, comme n’importe quels autres gamins».

Entendez par là: qu’on aime le foot ou pas, qu’on maîtrise le petit dictionnaire des Diables rouges ou non, Les Diablitos, c’est pour tout le monde. D’autant que pour narrer les aventures de ces gosses quand même pas tout à fait comme les autres, et encadrés d’un corps professoral savamment choisi (on reconnaît Georges Leekens et sa règle des 90% derrière… Monsieur Couteau, ou Dick Advocaat – et son chien «Hup! Hup!» – derrière Monsieur Dickie, le voisin hollandais de l’école), l’ami Jean-Louis (de son prénom complet) a pu compter sur le trait toujours vif de Philippe Bercovici, le dessinateur des Femmes en blanc.

Un Berco qui n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il a déjà signé quelques-uns des albums officiels des Diables. Et même commis une infidélité à la bande à Willie avec un one-shot sur les Bleus de Dédé Deschamps. «C’est vrai que j’aggrave mon cas», sourit, sans se départir de son flegme légendaire, le plus Belge des dessinateurs français, lequel fut jadis un supporter acharné de l’OGC Nice, le club phare de la ville de son enfance.

Resté amateur de ballon rond, «quelque part entre le total ignorant et le fan acharné», Bercovici confesse que c’est l’universalité des gags proposés par Jean Derycke qui lui a plu:

«D’un côté, c’était bien de pouvoir s’appuyer sur quelqu’un qui connaît bien l’univers des Diables. Mais de l’autre, Jean, qui a très vite trouvé la balance entre le visuel et le texte indispensable à tout gag en une planche, a compris qu’il n’avait pas intérêt à trop jouer sur les références. Moi-même, je connaissais assez mal l’histoire du hamburger d’Eden Hazard. Et si c’est aussi votre cas, ce n’est pas grave, parce que même sans ces références, ça reste drôle, sans doute parce que Jean était d’abord animé par un désir de raconter. Du coup, le plaisir est communicatif. »

Monsieur Michel?

Il pourrait même trouver un prolongement dans un second album actuellement en stand-by, Euro 2016 oblige. Et qui pourrait voir de nouvelles têtes intégrer la classe de Monsieur Willie. Ou celle de Monsieur Michel, si Preud’homme succède à Wilmots? «Dans tous les cas, se marre un Berco qui assure qu’il supportera davantage les Diables que les Bleus, je suis sûr que Jean trouvera un moyen de conserver Monsieur Willie dans l’univers des Diablitos: après tout, il a bien gardé Leekens et Advocaat… »

«Les Diablitos», tome 1: «Écolage immédiat», Derycke/Bercovici, Joker, 48 p., 11€.

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