FAIR-PLAY

Il fait annuler un but de son fils

Deux Luxembourgeois ont été primés à la remise des prix Panathlon du fair-play 2015, le footballeur Mano Louvins et le tireur Thomas Prince.

Sur la scène de la magnifique salle de la ferme du Biérau à Louvain-La-Neuve, il semble moins à l’aise que devant un but. Mano Louvins, 44 ans, le footballeur buteur devant l’éternel, y a reçu mardi en soirée le prix Fair-Play 2015 pour les plus de 18 ans, prix décerné par le jury du Panathlon Wallonie-Bruxelles.

Ce qui a valu au buteur luxembourgeois de se voir applaudir par son Fair-play est son attitude lors d’une rencontre de championnat de division III série F. Ce dimanche-là, Compogne, où il évolue, en lutte pour le titre, accueille Namoussart une solide équipe du subtop. Les Bleus mènent 1-0, mais rien n’est joué car les visiteurs ont secoué la barre et inquiètent l’équipe locale. Ayrton Louvins, le fils de Mano, frappe alors sur le dessous de la barre et le ballon rebondit au sol. Derrière la ligne selon l’arbitre qui valide le but. Balle au centre et Compogne se met ainsi à l’abri. Devant les visiteurs qui réclament, et sur l’insistance de ceux-ci, l’arbitre demande alors à Mano Louvins proche de la phase ce qu’il en est. Ce dernier lui répond que selon lui, le ballon n’a pas franchi la ligne. L’arbitre revient sur sa décision et annule le but. Compogne a remporté ce match 3-0. Ce geste de Fair-Play a donc valu à Mano Louvins un diplôme, une statue et les applaudissements de toute une salle venue célébrer le Fair-Play à Louvain-La-Neuve. Comme pour les autres lauréats, choisis parmi soixante candidatures pour toutes les catégories, c’est la voix de la connue Véronique Barbier qui a lu l’histoire, accompagnée par Alec Mansion au piano, chargé de faire passer l’émotion par des mélodies adaptées au cas d’espèce.

«Respecter l’arbitre, c’est parfois plus difficile»

«J’ai trouvé logique de faire annuler ce but, a expliqué le buteur sur scène à Pierre Mighisa, le présentateur du soir. Par la suite, on était doublement motivé et mon fils a inscrit un deuxième but sur une de mes passes. Pour moi il est important d’être correct, respectueux envers l’adversaire. Envers l’arbitre aussi, (silence) même si cela, c’est parfois plus difficile.» Rires et applaudissements dans la salle.

Thomas Prince: un seigneur sur le podium

Thomas Prince un autre Luxembourgeois, de Bastogne, a pour sa part reçu le prix du Fair-Play en moins de 18 ans. Attitude de seigneur pour Prince puisqu’une fois sur la plus haute marche du podium du championnat de Belgique de tir sportif (Carabine à air – air rifle) en junior, il a échangé sa médaille d’or pour celle d’argent avec son dauphin. Thomas avait tiré 21 plombs au lieu de 20 durant l’épreuve finale. À ce moment-là, le coach de son adversaire dépose réclamation, mais bien que le jeune Thomas Prince confirme très spontanément qu’il a effectivement tiré une fois en plus car son plomb n’était pas parti, les arbitres lui maintiennent le titre, sur base du règlement. C’est alors que Thomas Prince a eu ce geste d’une grande élégance de donner sa médaille à son adversaire surpris. Inutile de dire que l’assemblée de ce jour-là comme celle de mardi soir ont apprécié le geste du Bastognard.

Pierre Kompany en pleurs

D’autres prix ont été remis lors de cette soirée comme ceux pour un engagement Fair-Play, la promotion du Fair-Play ou encore pour le geste du capitaine de Manchester City Vincent Kompany qui, après la finale de la League Cup remportée aux tirs au but (1-3) contre Liverpool, a été réconforté chacun de ses adversaires avant d’aller fêter avec ses équipiers. Le papa de Vincent Kompany a reçu le prix en lieu et place de son fils, et a ému toute la salle par ses larmes sur scène, montrant ainsi la valeur qu’il accordait au trophée.

Le président du Panathlon, Philippe Housiaux qui porte cette ASBL sur ses épaules a clôturé cette cinquième édition de remise des prix Fair-Play 2015, par un discours assez percutant stigmatisant notamment les tricheries et les dopages de Fair-Play.