TC Bruxelles - L'un des anciens éducateurs de l'OKC s'est donné la mort, annonce un avocat (2)

Le conseil de la communauté bouddhiste Ogyen Kunsang Choling (OKC), Me Luc Godin, a annoncé dans ses répliques, jeudi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, que l'un des éducateurs de l'OKC qui avait été incriminé par certaines parties civiles s'était donné la mort en avril dernier. Onze personnes physiques et morales liées à l'OKC, présentée comme une organisation sectaire, sont actuellement prévenues entre autres pour escroqueries, faux, prise en otage d'enfants et organisation criminelle.

Me Luc Godin a confié, lors de ses répliques jeudi, avoir été particulièrement touché, comme d'autres membres de la défense, du suicide le 21 avril dernier d'un homme qui avait été éducateur au domaine Château-de-Soleils en Provence où les enfants de l'OKC étaient placés.

L'avocat a relu la lettre que cet homme, qui ne faisait pas partie des prévenus, avait envoyée le 8 février 2016 à l'attention du tribunal afin de donner sa version des faits suite aux accusations dont il faisait l'objet.

En effet, certaines parties civiles avaient raconté, dès l'entame du procès en janvier 2016, avoir subi des maltraitances mais aussi des abus sexuels, notamment de cet éducateur. Dans sa lettre au tribunal, l'homme avait affirmé avoir commis des erreurs mais contestait la plupart des affirmations des parties civiles.

Deux mois et demi plus tard, celui-ci s'est donné la mort affirmant que les accusations dont il faisait l'objet étaient trop lourdes à porter. Dans les années 80 et 90, de nombreux enfants de membres de l'OKC avaient été envoyés au domaine Château-de-Soleils, une vaste bâtisse isolée dans des montagnes en Provence, pour y séjourner et y étudier.

Ils y étaient encadrés par des professeurs et des éducateurs de cette communauté, coupés de leurs familles pendant parfois plus d'une année. Jeudi, les avocats de la défense ont encore exprimé leur méfiance par rapport à ces accusations qui avaient été formulées par la partie civile à l'encontre des prévenus et également de personnes qui n'ont jamais été inculpées.

Selon eux, ces dénonciations, qui n'ont pas fait l'objet d'un enquête et d'un débat contradictoire, n'ont été formulées que dans le but de conforter les chefs d'inculpation des prévenus.

Onze personnes physiques et morales liées à l'OKC sont prévenues pour avoir escroqué de nombreuses personnes et pour avoir abusé de leur confiance dans le cadre des activités de cette communauté bouddhiste à Bruxelles, entre 1975 et 2008.

Selon l'enquête, certains membres avaient été poussés à faire des dons d'argent très importants à la communauté, et d'autres poussés à travailler gratuitement dans des commerces et restaurants appartenant indirectement à l'OKC.

Le fondateur de cette communauté, Robert S., se serait enrichi personnellement grâce à ces dons d'argent, selon le parquet. Cet homme, qui est le principal prévenu mais qui fait défaut, est également poursuivi pour plusieurs faits de viol commis au sein de l'OKC. Il est présenté par l'accusation comme un gourou charismatique, très manipulateur.

Enfin, les prévenus sont soupçonnés d'avoir retenu des enfants en otage dans des monastères et des domaines appartenant à l'OKC, notamment au domaine Château-de-Soleils à Castellane en Provence. Il s'agissait des enfants de membres de la communauté OKC qui étaient envoyés dans ces endroits pour y suivre, retirés du monde, un enseignement selon des préceptes bouddhistes.

Après plusieurs mois de débats, le juge a pris, jeudi soir vers 19h00, l'affaire en délibération. Il rendra son jugement le 15 septembre prochain.