BELGIQUE

Grève dans les prisons : la Belgique condamnée à assurer le service minimum

Grève dans les prisons : la Belgique condamnée à assurer le service minimum

À la prison d’Ittre (archive) Belga

Le tribunal de 1re instance de Nivelles condamne en référé l’État belge à améliorer le traitement des détenus dans les prisons d’Ittre et Nivelles

La présidente du tribunal de première instance de Nivelles a rendu mardi après-midi une ordonnance de référé condamnant l’État belge à améliorer le régime de détention des détenus des prisons d’Ittre et de Nivelles. L’État doit fournir aux détenus des deux prisons, qui ont entrepris des actions de grève, trois repas par jour dont un repas chaud, l’accès aux douches un jour sur deux, l’accès au téléphone un jour sur deux, et deux visites familiales par semaine. L’organisation de deux jours de visite par semaine pour les avocats est également ordonnée.

Ces deux jours de visite par semaine sont également valables pour les visites de la commission de surveillance dans les prisons d’Ittre et de Nivelles.

Si ces services ne sont pas instaurés dans les 24 heures qui suivent la signification de l’ordonnance rendue mardi, l’État belge devra s’acquitter d’une astreinte fixée par la justice à 10 000 euros par infraction.

«Le gouvernement doit d’urgence réparer les dégâts causés par sa politique d’austérité»

Il est «plus que temps que le gouvernement fédéral répare les dégâts créés par son austérité aveugle», selon le groupe PS de la Chambre qui a souligné mardi que «la sécurité des citoyens exige des investissements publics réguliers et un soutien vigoureux à tous les agents qui œuvrent dans ce domaine essentiel» qu’est le monde carcéral.

Voici maintenant plusieurs jours que les établissements pénitentiaires du sud du pays sont paralysés par une grève des agents pénitentiaires. «Au lieu de s’attaquer au problème fondamental de la surpopulation carcérale, le gouvernement MR/N-VA fait voter des mesures qui vont encore aggraver la situation, déjà dramatique, de nos établissements pénitentiaires», a dénoncé la cheffe de groupe Laurette Onkelinx.

«Faute de cadre complet des agents pénitentiaires – le déficit actuel est d’environ 500 équivalents temps plein – la situation quotidienne dans les prisons est dramatique depuis plusieurs mois», a constaté la députée Özlem Özen. Les détenus n’ont que peu ou plus accès aux cours, aux formations, aux activités sportives, même à la bibliothèque ou aux services du culte. «Ces activités participent pourtant à la réduction de la violence et des tensions au sein des prisons et favorisent aussi la réinsertion des détenus, un prérequis indispensable pour éviter la récidive et assurer la sécurité publique», a-t-elle rappelé mardi.