Vosges: pour sauver leur usine, des salariés s'offrent une publicité dans les Echos

Vosges: pour sauver leur usine, des salariés s'offrent une publicité dans les Echos

AFP/Archives

"Salariés cherchent repreneur industriel ambitieux": les salariés d'une usine vosgienne de fabrication de rétroviseurs qui doit fermer à la fin du mois de juillet se sont offert lundi une publicité dans le quotidien économique Les Echos.

La publicité, financée à hauteur d'un tiers par les membres du comité d'entreprise, met en avant les atouts de l'usine, installée à Bruyères, et la motivation de ses salariés.

"Nous avons inversé les rôles", explique la secrétaire du comité d'entreprise (CE), Véronique Reh, "il s'agit d'une annonce dans laquelle des salariés cherchent un repreneur, comme un entrepreneur pourrait rechercher des salariés".

En mars 2015, les salariés de l'usine vosgienne, qui produit des rétroviseurs pour PSA et Renault, ont appris par leur direction qu'ils devaient rejoindre le site de l'entreprise situé à Dieuze (Moselle), "plus moderne" et qui emploie environ 245 salariés, "en raison de la perte d'activité du site mosellan", explique Mme Reh.

"Il fallait en fermer une pour sauver l'autre", déplore-t-elle, précisant que six salariés ont accepté de rejoindre le site de Dieuze, trois ont trouvé du travail ailleurs et les 62 restants, essentiellement des femmes d'une quarantaine d'années, ne veulent pas quitter Bruyères.

Le plan de sauvegarde de l'emploi a été signé en décembre 2015.

Une société parisienne avait la charge de trouver un repreneur "mais il n'y a eu pratiquement aucun retour", selon Mme Reh.

Cette société a financé les deux tiers de l'encart publicitaire dans Les Echos, les salariés le tiers restant.

Une partie de quelque 4.000 euros récoltés lors d'un loto organisé par les salariés en octobre 2015 a ainsi servi à payer la publicité.

"Si l'audace des salariés peut rencontrer l'audace d'un entrepreneur, cela peut conduire à une belle aventure industrielle", se réjouit Me Ralph Blindauer, avocat du CE.

Il souligne que le marché de l'automobile est "en plein redémarrage" et que les employés "n'arrivaient plus à suivre face à un tel afflux de commandes".

Implanté à Bruyères (Vosges) depuis les années 1960, le site de production de rétroviseurs CIPA avait été racheté par le groupe espagnol Ficosa au début des années 2000, devenant Ficocipa.