FRANCE

La France au bord de l’explosion sociale?

La France au bord de l’explosion sociale?

Trois policiers ont été grièvement blessés. Les manifestants ont défilé dans une quarantaine de villes. AFP

Des policiers et des manifestants blessés. Des manifestations dans tout le pays. La France a connu, hier, une journée socialement chaude.

De violents affrontements ont éclaté jeudi dans plusieurs villes de France, avec des blessés graves et des dizaines d’interpellations, en marge de manifestations qui ont rassemblé au moins 170 000 salariés et étudiants contre le projet de loi sur le travail.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé que 24 membres des forces de l’ordre avaient été blessés – dont trois «très grièvement» – dans ces violences, dues selon lui à «une poignée de casseurs», et qui ont également fait des blessés parmi les manifestants. 124 personnes ont été interpellées, a ajouté le ministre.

Condamnant «très fermement ces violences», le président du principal syndicat étudiant Unef, William Martinet a déploré «un usage disproportionné de la force par la police».

Près de 170 000 personnes selon les autorités (500 000 selon un syndicat) ont manifesté dans une quarantaine de villes pour réclamer le rejet d’un texte «inacceptable» à leurs yeux, pour la quatrième fois en deux mois.

Les manifestations ont été émaillées de heurts, notamment à Paris où «300 manifestants cagoulés» s’en sont pris aux forces de l’ordre, blessant trois policiers grièvement, selon les autorités. Des abris d’autobus et des vitrines ont été saccagés. À Rennes, en Bretagne, au moins trois policiers ont été blessés ainsi qu’un manifestant, touché à la tête.

La journée avait valeur de test pour mesurer la détermination des opposants à cette dernière réforme importante du quinquennat du président socialiste François Hollande, à un an d’une élection présidentielle qui s’annonce particulièrement difficile pour la gauche au pouvoir.

L’affluence jeudi était moindre que lors des précédentes manifestations, mais les opposants à la loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri ont déjà prévu de se faire entendre lors des traditionnelles manifestations du 1er mai, ainsi que le 3 mai, à l’ouverture du débat parlementaire.

Un sondage affirme que 78% des Français estiment qu’il y a «un risque élevé d’explosion sociale». Les opposants demandent le retrait du texte qui vise à donner plus de souplesse aux entreprises, notamment en matière d’aménagement du temps de travail, et à clarifier les règles de licenciement économique. Malgré quelques évolutions, le projet reste perçu par ses opposants comme trop favorable aux employeurs et facteur de précarité pour les salariés, jeunes en tête.