BURY

Une seule bonbonne de butane à l’origine de l’explosion de Bury

Une seule bonbonne de butane à l’origine de l’explosion de Bury

Entre la photo retrouvée sur Google Maps, datant de 2009, et celle prise jeudi après-midi, la différence est sidérante. EdA/Google Maps

Une bonbonne de gaz butane est à l’origine de l’explosion qui a soufflé jeudi une maison de la rue Bocarmé, et tué son occupant.

Le calme est revenu ce vendredi, rue de Bocarmé, au lendemain de l’explosion qui a soufflé une imposante villa. Équipés d’une grue et de matériel lourd, accompagnés de chiens spécialisés dans la recherche de corps humains, les agents de la Protection civile ont retrouvé un corps en début de soirée, jeudi, peu après 19h, sous les décombres.

Le service fédéral de DVI («Disaster victims identification», comme ´identification des victimes de catastrophes en français) a confirmé formellement et avec certitude l’identité de la victime, notamment sur base d’un examen odontologique. Il s’agit bien du propriétaire de la maison: Thierry Tenhaaf, un homme de 51 ans, père de trois enfants.

Une seule bonbonne de butane à l’origine de l’explosion de Bury
Thierry Tenhaaf a été tué sur le coup jeudi dans l’explosion de sa maison.. EdA
Au moment du drame, il se trouvait à un endroit de l’habitation situé aux alentours de la cuisine; on ne sait pas s’il était précisément dans celle-ci ou juste en-dessous, dans la cave. La thèse criminelle est à écarter; l’homme est mort d’un traumatisme thoracique.

L’expert envoyé sur place par le Parquet de Mons-Tournai a pu déterminer la nature du gaz. «Il ne s’agit pas de gaz de ville, puisqu’aucune conduite ne passe à cet endroit, mais d’une bonbonne de butane», expliquait vendredi soir Frédéric Bariseau, Procureur du Roi de Tournai-Mons.

La nature de l’explosion (la maison s’est littéralement soulevée avant de s’effondrer) laisse penser que la bonbonne se trouvait dans la cave, mais ce n’est pas confirmé de source judiciaire. Le gaz butane, plus lourd que l’air, a pu s’écouler lentement et progressivement du rez-de-chaussée à la cave jusqu’à y créer une importante poche de gaz. «L’expert enverra son rapport», indique M. Bariseau.

Officiellement, rien ne permettait ce vendredi de dire si l’unique occupant de la maison a été victime d’un accident domestique ou s’il a lui même provoqué l’explosion de la maison.

Plusieurs éléments accréditent la deuxième hypothèse. Comme tous les gaz, le butane devient explosif dès lors que le mélange dans l’air atteint une certaine concentration. C’est la raison pour laquelle un produit chimique est incorporé au gaz afin de rendre les fuites éventuelles détectables même à faible concentration dans l’air. La question se pose donc de savoir pourquoi l’occupant de la maison n’a eu aucune réaction face à une situation d’extrême concentration de gaz.

Par ailleurs, la victime était dans un état de très forte dépression, et s’était refermée sur elle-même ces derniers temps. Elle avait pris soin de sortir la voiture d’un proche ainsi que sa moto avant l’explosion, comme pour les préserver, ou pour s’assurer que personne ne se trouvait dans les parages. Enfin, la maison que son occupant avait pratiquement construite de ses mains devait sans doute être destinée à la vente dans le cadre d’une procédure de divorce.


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