ESCAUT

Des bateaux de 185 mètres…

Des bateaux de 185 mètres…

Photo-montage Éric Van Overstraeten EdA

Dans le débat sur l’élargissement de l’Escaut, on fait sans cesse référence à l’étude Alkyon de 2009. Tentative de décryptage…

Le point de départ de ce travail, c’était le traitement du pont des Trous. Trois alternatives y sont étudiées pour la classe Va (bateaux de 110 m) et trois alternatives, pour la classe Vb (bateaux de 185 m). Ces six possibilités sont logiquement dénommées 1a, 2a, 3a, pour la classe Va, puis 1b, 2b, 3b pour la classe Vb.

Dans la 1a, on touche uniquement au pont des Trous, comprenez qu’on élargit l’arche centrale.Dans la 2a, on contourne le pont des Trous de manière longue, ce qui implique la construction d’un nouveau pont des Roulages. C’est le «grand contournement», mais ça n’a plus rien à voir avec ce qu’on envisageait vers 1970.Dans la 3a, on contourne le pont des Trous de manière courte. Le pont des Roulages est maintenu.

Dans la 1b, on élargit l’arche centrale du pont des Trous et on travaille la courbe qui précède le pont des Roulages de manière à pouvoir le conserver.Dans la 2 b, on ne note pas de changement par rapport à la 2 a, parce que les conditions de la classe Vb sont comprises dans le «grand contournement» Dans la 3 b, on contourne le pont des Trous de manière courte et on trace un nouveau lit (en contre-courbe) qui vient mordre largement en rive gauche pour se mettre dans l’axe et passer le pont des Roulages.

Des plans d’ensemble révélateurs

Dans le rapport final relatif à une mise à gabarit en classe Va, il n’y a pas de plan d’ensemble de la traversée de Tournai pour l’alternative 1a. C’est logique puisque seul le pont des Trous est concerné. Il n’y en a pas non plus pour l’alternative 2a, dans la mesure où le «grand contournement» est compatible avec la classe Vb: c’est donc le plan d’ensemble, expressément noté 2b, qui y figure. On relève que la zone du pont à Ponts est retravaillée.Le seul plan d’ensemble dûment estampillé Va, c’est le 3a (contournement court). Aucune modification au pont à Ponts n’est ici notée.

Dans le rapport final pour la Vb, les trois alternatives ont chacune leur plan spécifique. Et cette fois, on trouve un plan rapproché pour la zone pont à Ponts, valable pour les trois alternatives. Quand on relève la largeur maximale prévue (on est alors en 2009), il est question de 26,5 m. Aujourd’hui on parle de 27,43 m

Cela dit, dès les alternatives de la classe Va, il est précisé «Il peut par ailleurs être recommandé de modifier la zone du Pont à Pont, même si cela n’est pas indispensable pour la navigation des bateaux de classe Va.» et « les coûts de modification de la zone du Pont à Pont sont inclus dans tous les estimatifs» (Va comme Vb: 5 millions€).Surprenant ou révélateur? Il n’y a qu’un seul type d’aménagement prévu pour le pont à Ponts: celui qui est envisagé pour la classe Vb. Par définition, qui peut le plus, peut le moins. Si c’est bon pour la Vb, ça le sera forcément pour la Va…

Les coûts globaux (pont à Ponts compris donc) étaient en 2009 de1a: 12 mios2a: 73,5 mios3a: 37 mios1b: 43 mios2b: 73,5 mios3b: 56,5 mios(note 2a = 2b comme annoncé)

C’est la solution 1a qui a été retenue. A priori 7 mios pour pont des Trous, 5 mios pour pont à Ponts.

Tests de navigation

Selon les multiples simulations effectuées, à 26,5 m, ce serait compliqué pour la classe Vb, comme ça le serait pour la Va dans les conditions actuelles (19 m). Rappelons que tant que le pont des Trous n’est pas élargi, les vrais Va ne peuvent pas passer. En revanche, nous avons constaté, à bord d’un bateau de 110 m de long et 10,5 m de large (soit un quasi Va) que ce qui est «très difficile» sur un simulateur peut s’avérer assez simple pour un batelier…

Le projet à 26,5 m n’élargissait sans doute pas assez pour le confort de la classe Vb. Par contre, à 27,43 m, il va au-delà de ce qui est indispensable à la sécurité pour la classe Va.Le «rêve de Vb» est sans doute lointain pour les Voies Hydrauliques, mais elles ont veillé à ne pas le compromettre, quitte à déstructurer l’unité des quais de la ville. Admettons-le, ce n’est pas leur problème, ni celui de leur ministre de tutelle. C’est celui des Tournaisiens et de leurs conseillers communaux.


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