BELGIQUE

Les agents de sécurité ont presté « des milliers d’heures en plus » depuis les attentats de Bruxelles

Les agents de sécurité ont presté « des milliers d’heures en plus » depuis les attentats de Bruxelles

Archive Reporters/SWNS

Les entreprises de gardiennage ont été fortement sollicitées dans la foulée des attentats du 22 mars à Bruxelles.

«Tous nos membres ont fait face à une demande accrue d’agents de sécurité», affirme Pascal De Roeck, secrétaire général de l’Association professionnelle des entreprises de gardiennage (APEG).

Les 1 400 agents de la société Seris, troisième acteur du secteur après Securitas et G4S, ont presté «des milliers d’heures supplémentaires», selon Danny Vandormael, CEO. «Nous avons été confrontés à une demande tellement grande de nos clients existants qu’il a été impossible d’accepter de nouveaux contrats.»

La demande avait déjà fortement augmenté après les attentats de Paris en novembre 2015, après quoi entre 50 et 70 agents ont été embauchés par l’entreprise. A l’époque, c’est surtout à Bruxelles que les renforts sont demandés. Après le 22 mars, les appels affluent de partout en Belgique.

Le problème, c’est qu’il n’est «pas possible d’embaucher 100 personnes supplémentaires en un clin d’œil», note le patron. Pour être opérationnels, les nouveaux agents doivent suivre une formation d’environ 140 heures dans une école agréée, examen compris.

Heures supplémentaires, congés écourtés… le personnel est donc fortement sollicité en cas de pic. Seris a récemment décidé d’engager à nouveau une cinquantaine d’agents «pour permettre aux travailleurs de souffler», note Danny Vandormael.

Le Groupe 4S, lui, dispose d’une réserve de recrutement qu’il a activé dans la foulée des attentats. L’entreprise assure aussi une partie de la sécurité à l’aéroport de Zaventem. Elle est actuellement à la recherche de 200 collaborateurs, notamment des candidates pour réaliser le screening des passagers féminins.

«C’est un secteur où le chômage économique est parfois utilisé comme matelas de sécurité», ajoute Klavdija Cibej, secrétaire fédérale FGTB en charge du gardiennage. «La forte demande qui a suivi les attentats a surtout permis de faire baisser drastiquement ce chômage économique et de remettre les gens au travail.»

«Dire que les sociétés de sécurité font choux gras depuis les attentats est trop simpliste», ajoute Pascal De Roeck (APEG). «La demande a terriblement augmenté dans les 24 heures après les attentats de Bruxelles, mais cela a aussi un coût pour l’employeur qui doit par exemple payer des primes aux travailleurs. Le secteur est très régulé.»

Un mois après les attentats, la demande reste élevée en raison du niveau 3 de la menace terroriste, mais elle s’atténue. «Les entreprises sont revenues à une situation normale, mis à part un petit pourcentage de nos clients», conclut Danny Vandormael.

Le secteur du gardiennage emploie environ 14 000 personnes en Belgique, majoritairement des ouvriers. Les grandes entreprises (G4S, Securitas et Seris) représentent 95% des travailleurs, indique la FGTB.

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