25 ans après Saint-Georges, la Dorcas ferme ses portes à Tournai

Après les urgences, la Dorcas a fermé les portes de son dernier service, celui de réanimation. Les patients ont été transférés à l’Union, sous haute surveillance.

Ce matin du 22 avril a des saveurs particulières pour l’équipe médicale du service de réanimation-soins intensifs de la clinique de la Dorcas. Depuis 7 h 30, les infirmières et d’autres membres du personnel s’activent à emballer le matériel, à ranger les locaux mais aussi à préparer les patients avant leur transfert sur le site Union. «L’évolution médicale des patients en soins intensifs reste imprévisible et nécessite une vigilance de tous les instants, rappelle le docteur Brunain. Il s’agit du transfert de malades le plus délicat…Pour faire face à l’imprévisibilité de l’état de santé des patients, nous avons prévu toutes les ressources pour permettre de réagir au mieux. Ainsi, pour le transfert des trois derniers patients, plus sensibles, nous avons mobilisé sept infirmières. Deux restent à la Dorcas pour gérer les départs; deux sont présentes sur le site de l’Union pour réceptionner les patients. Et les trois autres infirmières vont suivre chacune un patient en ambulance, accompagnées d’un médecin.»

La bonne humeur règne au sein du service. Les préparatifs vont bon train même si une petite pointe de nostalgie se fait, par exemple, sentir lorsque deux infirmières enlèvent le calendrier des anniversaires. Pour Isabelle, aide ménagère, l’émotion est aussi palpable. «Je travaille sur le site de la Dorcas depuis deux ans, explique-t-elle. Cela fait bizarre de se dire que demain on ne viendra plus travailler ici, qu’on ne retrouvera peut-être pas les mêmes équipes vu la nouvelle répartition des services entre les trois sites. Il y a aussi la pression des derniers jours qui retombe un peu…»

Un transfert de cette ampleur, cela n’arrive pas tous les jours… En stage depuis deux semaines dans le service, Emma, étudiante en 3e année en soins infirmiers, est contente de pouvoir vivre cet instant particulier. «Cela reste un moment historique, sourit-elle. La fermeture d’un hôpital, c’est un événement assez rare. C’est une belle expérience qui me permet aussi de pouvoir gérer les soins aux patients dans une situation différente. Je ne risque pas d’oublier cette journée!»

Dans le box voisin, Maggi, infirmière, s’occupe de Jean (prénom d’emprunt). Même si le patient est dans un état de semi-conscience, l’infirmière tente de le rassurer et de lui expliquer le voyage qu’il va entreprendre. «Avant de le transférer, on doit s’assurer qu’il est stable et que ses constantes et paramètres sont bons, souligne-t-elle. Il va falloir le débrancher des différentes machines pour le réappareiller sur un monitoring transportable. Ce n’est pas la première fois que nous devons réaliser ces opérations. Nous devions déjà parfois organiser le transfert d’un de nos patients pour réaliser des examens médicaux, comme une résonance magnétique, sur un autre site.»

Sous escorte policière

Vers 9 h, les premières ambulances arrivent à l’entrée des urgences de la clinique de la Dorcas. Des motos de la police sont présentes pour les escorter et leur ouvrir la route jusqu’au site Union. Après trois minutes de trajet, les patients sont ainsi débarqués, avec énormément de précautions, aux urgences du site Union avant d’être montés au 3e étage, au sein du tout nouveau service soins intensifs. «Il faut reconnaître que les installations et le matériel médical sont plus modernes même si le service de la Dorcas avait été rénové en 2012, insiste le docteur Vandewalle, coordinateur médical. Dans ce nouveau bâtiment, le nombre de chambre en réanimation a été doublé, avec 21 lits. Quinze autres lits sont également conservés sur le site Notre Dame.»

Le service de réanimation n’était pas le seul à devoir faire ses valises et prendre la direction d’un autre site du CHwapi. Une dizaine d’autres patients ont dû être transférés, avant que les portes de la Dorcas ne se ferment définitivement en fin de journée…

À lire dans L’Avenir/Le Courrier de ce samedi 23 avril , sur tablette, smartphone ou PC


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