COMMENTAIRE

Et si on jouait un peu !

Et si on jouait un peu !

EdA

Chaque vendredi, Daniel Jonette, chef des sports de l'Avenir Luxembourg, commente l'actualité..

Le Comité provincial doit parfois regretter de ne pas disposer lui aussi d’une Review commission. Le cas échéant, on imagine qu’elle se serait penchée sur les images du récent La Roche – Saint-Léger. Ceux qui ont vu le résumé de cette rencontre sur TV Lux comprendront aisément pourquoi. Comme à l’aller, ce match a quasiment tourné au pugilat, à un combat de rue à l’issue duquel les Rochois ont perdu des points et, dans la foulée, une part de leurs illusions. Qu’ils auraient peut-être conservée s’ils s’étaient concentrés sur ce qu’ils savent faire de mieux: jouer au foot. Qu’a pu retenir le spectateur neutre de ce match? Rien, ou presque. Et c’est loin d’être une exception

Vous avez vu les cotes attribués par nos correspondants aux diverses rencontres du week-end en P1? Pas folichon, hein! Même le très attendu Ethe – Mormont n’a pas échappé à la règle. On était à des années-lumière du joga bonito qui a dû faire saliver Mario Machado durant sa jeunesse, non loin des plages de Copacabana. Simple hasard? Sans doute pas. Le foot d’en bas puise généralement son inspiration dans les affrontements du plus haut niveau. Et là, pour un Liverpool – Dortmund, combien d’Atletico – PSV ou de matches de Ligue 1 sans saveur, sans but voire sans occasion? Combien de matches où la puissance et l’intensité des duels prennent le pas sur l’aisance technique et la créativité? Où un gri-gri de Neymar, considéré par certains comme une inutile provocation, fait davantage débat qu’un tacle trop appuyé.

Notre but n’est pas de minimiser l’importance de l’engagement physique dans le foot moderne, mais faut-il que celui-ci prenne le pas sur la qualité et la fluidité du jeu? Écoutez donc les consignes des entraîneurs au bord de nos terrains. Si ce n’est quelques exceptions, elles concernent essentiellement les duels, les deuxièmes ballons ou le (re)positionnement défensif. Dans un contexte où les dribbles à répétition et la prise de risques sont proscrits. Où les premières directives données à un attaquant sont celles qui s’attachent à son rôle en perte de balle. Rester bien en place: voilà bien une consigne qui revient comme un leitmotiv dimanche après dimanche, dans tous les vestiaires, de la P3 à la D1. Comme si Simeone, Mourinho ou Herrera étaient devenus les vraies références. Plutôt que Guardiola, Menotti ou Tele Santana. Et le foot, le vrai, alors? Le jeu en triangle, les passes redoublées, les contrôles orientés, tout ce qui renforce la joie de jouer.

Même chez les jeunes, on a souvent l’impression que ce qui devrait être une priorité est renvoyé en deuxième ligne. Au point d’en arriver à des situations extrêmes comme celle qu’ont vécue il y a peu les spectateurs d’un match de diablotins dans le nord de la province. Le match a été arrêté à la demande d’un des deux entraîneurs, logiquement excédé de voir l’un de ses joueurs, élément en vue de son équipe, matraqué par un adversaire. Et ce sans réaction de l’arbitre qui n’était autre que… le père du matraqueur. En diablotins!

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