BURY

La victime de l’explosion, à Bury, venait de discuter avec un voisin « comme si de rien n’était »

Thierry Tenhaaf, 45 ans, a été tué dans l’explosion de sa maison. Des éléments font penser à un suicide, mais rien ne permet d’exclure l’hypothèse d’un accident.

C’était une villa assez cossue située le long de la rue de Bocarmé, construite il y a une quinzaine d’années environ. Ce jeudi, vers 12h45, après un bruit assourdissant, il n’y avait plus qu’un tas de gravats, essentiellement des briques, des pièces de bois, des tuiles et des morceaux de béton, pour témoigner de la présence à cet endroit d’une construction quelques instants plus tôt.

La victime de l’explosion, à Bury, venait de discuter avec un voisin « comme si de rien n’était »
L’explosion a laissé la place à un incroyable tas de débris. EdA
À leur arrivée, les pompiers de Péruwelz se sont retrouvés face à une maison complètement rayée du paysage, avec des flammes à éteindre, et avec l’indication selon laquelle un homme se trouvait sous les décombres. «En raison de la pression faible du réseau d’eau, des renforts de Leuze et d’Antoing ont été appelés mais l’incendie a été assez vite maîtrisé», témoignait le lieutenant Benoît Nachez, l’officier de la zone de secours de Wallonie picarde qui avait la responsabilité du commandement des opérations. Le major Olivier Lowagie, commandant de la zone, était aussi sur place.

En accord avec la police de Péruwelz-Bernissart, un périmètre de sécurité a été établi. Mais il s’est avéré bien vite, notamment grâce à un contact avec le gestionnaire de gaz Ores, que le danger de voir se produire une deuxième explosion était inexistant dans la mesure où, ni la zone, ni le secteur, ne sont reliés au gaz de ville.

 

Le corps découvert vers 19h30

 

Vers 14h30, des engins de la protection civile arrivent sur place aux fins d’entreprendre des fouilles pour retrouver le corps de la victime. Tout indique que l’origine de la déflagration vient des caves de l’habitation, expliquant la relative implosion du bâtiment au lieu d’une dispersion spectaculaire des débris aux alentours. Une unité de la «Rescue Dog Team», spécialisée dans la recherche de corps, est aussi en place quand une grue commence l’opération de déblayage.

La victime de l’explosion, à Bury, venait de discuter avec un voisin « comme si de rien n’était »
Voici ce qu’il restait de la construction après la découverte du corps. EdA
Ce n’est pas chose aisée; les débris étant encore chauds, les pompiers doivent continuer à arroser les décombres pour que les chiens puissent intervenir. Après trois heures de recherches à peu près, vers 19h30, le corps du propriétaire est retrouvé. «Le corps est entier mais méconnaissable. Il s’agit à 99% de l’occupant des lieux», indiquait Daniel Westrade, le bourgmestre de Péruwelz, venu à plusieurs reprises sur les lieux du drame pour suivre l’évolution de la situation.

Le parquet de Tournai a été avisé de la découverte du corps. Un médecin légiste devait descendre sur les lieux pour confirmer l’identité de la victime. On ignore si le laboratoire de la police scientifique se rendra sur place, ni si l’intervention d’un expert sera requise pour déterminer les circonstances exactes de l’explosion.

 

 

«Il avait discuté comme si de rien n’était»

 

Sur base de témoignages recueillis sur place, il apparaît que l’occupant de la maison a sans doute ouvert les vannes de plusieurs bonbonnes de gaz. Il suffisait d’un simple élément déclencheur pour provoquer une explosion.

Que racontent des témoins?

Que quelques minutes avant le drame, la victime, Thierry Tenhaaf, a pris soin d’aller garer plus loin, et donc d’éloigner de sa propriété, un véhicule appartenant à un proche, auquel une remorque transportant une moto était attelée.

Que la victime, père de trois enfants, informaticien de formation, était très marqué par une longue procédure de divorce et s’était beaucoup renfermé ces derniers temps. On ne le voyait quasiment plus. La maison devait être mise très prochainement en vente dans le cadre de cette procédure. «C’était une fort belle villa qu’il a construite lui-même, à 80%», commentait un voisin.

Élément troublant cependant: le propriétaire avait discuté avec Jean-Luc, son voisin direct, comme si de rien n’était, avant de rentrer chez lui juste avant l’explosion.

Si aucun élément ne permettait hier soir d’exclure une cause accidentelle, l’hypothèse d’un suicide n’étonnait absolument personne dans le quartier.

 

La victime de l’explosion, à Bury, venait de discuter avec un voisin « comme si de rien n’était »
Une explosion d’une très rare intensité. EdA

 

Tout le quartier est très choqué

 

Les riverains étaient terriblement choqués par les événements de jeudi. «J’étais dans mon jardin quand l’explosion s’est produite. Je suis sortie dans la rue et j’ai vu la maison au sol. C’était aussi très impressionnant, ce gros nuage de poussières dans le quartier», témoigne une voisine. Une autre abonde: «Ma maison a tremblé, ça a fait un gros boum, j’ai pensé que les vitres allaient exploser. Comme je suis infirmière, j’ai accouru pour voir ce que je pouvais faire mais il était impossible de s’approcher de la maison».

La victime de l’explosion, à Bury, venait de discuter avec un voisin « comme si de rien n’était »
Beaucoup d’incompréhension dans le quartier, ce jeudi après-midi. EdA
Beaucoup d’habitants du quartier n’ont pas pensé à l’explosion d’une maison du voisinage dans un premier temps. «J’ai cru qu’un camion-citerne avait explosé, sans doute sur l’autoroute», se souvient un homme. Les chevaux qui se trouvaient dans la prairie à l’arrière de la maison détruite ont eu chaud eux aussi. «Ils ont dû avoir très peur, mais ils sont calmés à présent, ils restent tranquillement dans leur écurie», indique leur propriétaire.

L’explosion a été entendue jusqu’à Roucourt, confie un habitant de ce village, venu aux nouvelles. «J’étais occupé à tondre ma pelouse quand j’ai entendu ce bruit incroyable».


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