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Laura Cartesiani, gagnante de The Voice: "J’ai essayé toutes les émissions possibles"

Laura Cartesiani, gagnante de The Voice: "J’ai essayé toutes les émissions possibles"

The Voice/RTBF

Mardi soir, dans l’euphorie, Laura Cartesiani s’est demandé pourquoi tous ces gens criaient son nom. La jeune habitante de Montignies-sur-Sambre n’avait pas encore réalisé son exploit : être la première femme à gagner The Voice. Interview.

Bonjour Laura, depuis mardi, avez-vous réussi à mettre des mots sur ce qu’il vous est arrivé ?

C’est assez compliqué. Je pense que j’ai compris ce qu’il s’était passé, sans vraiment le réaliser. Ça reste incohérent.

Pourquoi ne serait-ce pas cohérent ?

Je regarde l’émission depuis cinq ans, ça arrive aux autres de gagner, mais d’un coup, ça m’arrive à moi. Tu te retrouves là où tu espérais être, un jour. C’est un pas énorme.

Mais chaque année, vous tentiez votre chance...

Sans jamais être sélectionnée. Je n’avais atteint les blinds que lors de la saison 2. Aucun fauteuil ne s’était retourné mais j’ai persévéré. J’ai bien fait de ne pas laisser tomber.

Vous auriez très bien pu vous tourner vers d’autres concours...

J’aimais beaucoup le concept des auditions à l’aveugle. Puis, il y avait cette coach de mes rêves. Depuis la saison 1, je voyais Beverly Jo Scott, je voulais voir comment elle était en vrai. C’est arrivé et c’est trop bizarre. BJ, elle parle « comme sa bouche est faite », sans filtre. Un peu comme moi d’ailleurs !

Vous ne pouviez que vous entendre, non ?

Je me retrouve en BJ, avec ses expressions qui sont passées à la postérité grâce à The Voice. C’est ce qui fait sa spontanéité. Elle ne joue pas, ce n’est pas du fake.

On vous a très vite qualifiée de tornade. Un surnom qui vous convient ?

Ça m’a fait sourire, c’est chou. Dans la vie de tous les jours, ça me convient bien. Là où je passe, on voit mes traces. Je suis bordélique mais je prends aussi de la place, je parle fort, je suis très expressive, démonstrative. Et sur scène, la tornade s’exprime dans mon énergie.

Comment envisagiez-vous la finale ?

Déjà, à la base, je ne m’attendais pas à aller en finale. J'ai prise chaque chanson comme si c’était la dernière. Je ne partais pas gagnante… mais pas perdante, non plus.

Si on plonge dans vos souvenirs, vous souvenez-vous de la première fois que vous avez chanté ?

D’après ma maman, j’ai chanté avant même de parler.  Puis, je chantais lors des fêtes de famille. Mon papa mettait la sono et je démarrais. Petite, j’avais deux chansons phares : "Je t’aime" de Lara Fabian et "Téléphone-moi" de Nicole Croisille. Puis, j’ai élargi mon répertoire à force de travailler avec mon papa. 

Votre papa vous a poussée, donc ?

Toute la famille de ma maman fait de la musique et mon papa chante. Cette aventure, je pense que c’était une manière pour lui de vivre son rêve à travers moi. Il disait être trop vieux pour ces choses-là, je faisais figure de relève. Grâce à lui, j’ai eu quelques petites opportunités : un concours de chant par-ci, un petit concert par-là.

Puis, vous êtes de la génération Star Academy aussi...

Depuis mes 8 ou 9 ans, j’étais devant mon écran, je voulais en être, y participer. J’ai essayé toutes les émissions possibles : "Drôle de petits champions", "Graines de stars", "Eurokids"… À chaque fois, je me voyais répondre : « Non, vous ne correspondez pas aux critères». Mais j’en voulais, je ne me laissais pas abattre !

Qu’est-ce qui a changé entre la Laura qui faisait les castings il y a cinq ans et celle qui sort gagnante de The Voice, aujourd’hui, contre ses propres attentes ?

J’ai muri surtout. Je suis passé de l’ado à l’adulte. Et le fait de murir dans ma vie m’a permis d’évoluer artistiquement dans ma musique. Je suis beaucoup plus investie qu’à l’époque.

Outre votre victoire, il y a eu un autre moment, cet instant où tout The Voice a pouponné autour de votre ventre de plus en plus rond.

C’était trop mignon, ces petits cadeaux des coachs. Je ne m’y attendais pas d’autant que ces cadeaux étaient vraiment très personnalisés.

Votre petit Andréa aura cinq parrains de luxe et quelques belles images que vous lui repasserez, non ?

Pour l’anecdote, j’ai reçu un commentaire très comique d’une personne qui disait : ton fils pourra participer à Secret Story avec le secret « j’ai gagné The Voice avant même d’être né ».

Le monde de la musique vous tend les bras mais il peut croquer les jeunes artistes, non ?

Je compte bien m’entourer, le mieux possible. Je le suis déjà avec BJ et Michel (ndlr. Gudanski). C’est un monde dans lequel je n’y connais rien et, forcément, certains voudront en profiter. J’ai mon caractère aussi et on ne me fera pas dire ou faire ce que je ne veux pas. Même si je suis capable de concession, parfois.

 

Bervely Jo Scott : « Je n’avais jamais gagné The Voice jamais vraiment perdu, non plus »

Au bout du fil, le « Hellooow » est enjoué mais trahi un peu de fatigue. BJ Scott la tient enfin sa victoire !

Qu’est-ce qu'il s’est passé, hier, quand vous avez entendu le nom de Laura émerger ?

Nous nous sommes regardées, abasourdies. Et Laura m’a demandé : « Qu’est-ce que je dois faire ? » Je lui ai répondu. « Tu n’a plus tellement à faire, tu viens de gagner The Voice, avec moi ! » 

Vous avez enfin pu libérer la frustration des précédentes saisons ?

Oh, vous savez, c’était surtout une frustration « sympathique ». Jusqu’ici, je n’avais jamais gagné The Voice, mais je n’avais jamais vraiment perdu, non plus. La fois où j’ai eu le plus dur, c’était avec Loïc, ça m’a atteint. Il méritait, mais c’est facile à dire quand on est tellement derrière quelqu’un. Sinon, ce n’est qu’un jeu. Mon tour était venu, enfin.

Ce n’est qu’un jeu mais j’ai l’impression qu’avec vous, l’aventure continue toujours après le gong final.

Oui, ça commence à faire un paquet de talents, une grande famille que je continue d’accompagner. D’ailleurs, jeudi, on se remet aux répétitions pour le concert de ce week-end au Spirit of 66. Là aussi, je vais chanter avec Laura mais aussi d’autres talents, comme des artistes à part entière.

Si on rembobine, la saison, vous vous souvenez de ce qui vous a marqué chez Laura lors des blinds ?

C’est très simple, si j’ai buzzé, c’est parce que j’en avais envie. Je ne buzze jamais pour rien ! J’ai entendu le potentiel de Laura, un grain, un swing, de la chaleur. J’ai aussi entendu ce en quoi je pouvais l’aider. Mais avec quatre fauteuils retournés, Laura avait du choix. Ce n’était pas gagné pour moi.

Mais, à des degrés différents, vous vous ressembliez, non ?

C’est vrai, cela faisait quatre ans que chacune de nous deux essayait de faire un résultat dans The Voice. Le destin est bien fait finalement.