POLITIQUE

Di Rupo voit rouge : Bouchez n’est plus député… ni échevin à Mons

Elio Di Rupo rompt son pacte de majorité avec le MR à Mons. En cause: des propos du revenant Georges-Louis Bouchez…

C’est ce qui s’appelle un retour en fanfare. Et avec de gros sabots.

Ainsi, il y a quelques jours, le pétouillant MR Georges-Louis Bouchez perdait son siège de député wallon qu’il occupait depuis un an et demi à la place de Jacqueline Galant. Vu la démission de l’ex-ministre de la Mobilité, le retour à Namur de la Jurbisienne était inéluctable.

Retour aussi à la case Mons, donc pour GLB, qui reprenait son poste d’échevin dans le collège PS-MR piloté par Elio Di Rupo.

Enfin bon, pas pour très longtemps. Parce que pour célébrer son retour en terre connue, Bouchez tenait ce mardi une conférence de presse dans laquelle il n’a pas hésité à rhabiller Di Rupo pour la collection printemps-été 2016, mettant en doute la «gouvernance du PS» à Mons et signalant qu’il ne s’était jamais inscrit dans le projet socialiste. Tout en précisant qu’il allait proposer un projet de ville bien perso.

Un «coucou me revoilou» qui a mis Elio Di Rupo dans une rage folle. Sa réaction ne s’est d’ailleurs pas fait attendre: dans la foulée, le bourgmestre de Mons annonçait qu’il rompait son pacte de majorité avec le MR et allait proposer, dans les jours à venir, un nouveau pacte de majorité avec un autre partenaire, même si le PS pourrait gouverner seul, étant en majorité absolue dans la cité du Doudou.

Une stratégie délibérée?

Deuxième coup sur la cafetière pour Bouchez en quelques jours donc qui redevient simple conseiller communal à Mons, point barre.

Pourtant, ce n’est pas faute de l’avoir prévenu. Au MR, Olivier Chastel, qui était au courant, des velléités de Bouchez de tacler Di Rupo, a vainement tenté de le dissuader d’y aller au bazooka. D’autant que Di Rupo avait déjà fait savoir à plusieurs reprises depuis 2012 que le comportement de Bouchez au sein de la majorité l’énervait au plus haut point. Mais rien n’y a fait. Avec son tempérament bouillant qui en a fait un parlementaire wallon irritant mais craint par beaucoup dans la majorité wallonne, il n’a pu s’empêcher de foncer.

À se demander d’ailleurs s’il ne s’agit dans son chef d’une stratégie délibérée.

C’est que le jeune loup a les dents qui rayent le parquet de l’hôtel de ville. Au point d’aller claironner un peu partout qu’il sera celui qui, tel saint Georges terrassant le dragon, mettra fin au Di Rupisme à l’ombre du beffroi. Bref, il se voit déjà prochain bourgmestre de Mons.

Du coup, à deux ans des communales et avec un tempérament comme le sien, Bouchez estime sans doute qu’il vaut mieux se trouver dans l’opposition pour aborder le scrutin communal. De son mirador, il pourra jouer au sniper à qui mieux mieux et espérer récolter les fruits électoraux qui, selon lui, risquent d’être moins nombreux s’il siège aux côtés de Di Rupo dans la majorité.

Un pari culotté. Mais soutenu par son parti. Qui dit garder toute sa confiance et compter sur lui dans l’arrondissement de Mons. Tout comme sur Jacqueline Galant. Tout un programme…


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