SAUTE D'HUMEUR

Une ministre de la Culture qui ne coûterait rien ? C'est possible !

Une ministre de la Culture qui ne coûterait rien ? C'est possible !

Marie-Martine Schyns et Alda Greoli entourant le président du cdH Benoît Lutgen : deux ministres pour le prix d'une, vraiment ? BELGA

Comment faire pour que le remplacement de Joëlle Milquet par deux nouvelles ministres ne soit pas une charge accablante pour le contribuable? Nous avons plein de solutions à proposer...

 

Il y a depuis ce matin une polémique sur le coût du remplacement de la ministre de l'Enseignement et de la Culture Joëlle Milquet non pas par une mais deux ministres, l'une pour l'Enseignement, l'autre pour la Culture.

Une opération dont le cdH garantit mordicus que par un subtil jeu de synergie entre cabinets, elle ne nous coûtera rien.

Ce n'est toutefois pas l'avis du GERFA (Groupe d'étude et de réforme de la fonction administrative) qui évalue à 602.000 euros annuels le coût d'un nouveau ministre. Le "package" incluant le salaire brut de l'intéressé, les cotisations sociales, le fonds de pension, le personnel d’entretien, la voiture de fonction, les bureaux etc...

Le cdH pourtant persiste à dire que non, l'opération sera "blanche" et la nouvelle ministre de la Culture, Alda Greoli, a même donné rendez-vous à la presse dans quelques mois pour le vérifier.

Comment faire pour qu'un nouveau ministre ne coûte presque rien ? Nous avons réfléchi, de fait, il y a plein de solutions très économiques, surtout pour une ministre de la Culture.

On pourrait créer en effet le concept de "ministre Uber".

L'idée, c'est que la nouvelle ministre garderait un métier normalement rémunéré, peut-être à temps partiel. Ensuite, après ses heures, elle s'occuperait de la Culture selon les préceptes de la nouvelle économie participative.

De toute façon, la Culture, c'est souvent le soir que ça se passe, non? Spectacles au théâtre, avant-première des films belges, concerts, vernissage des expos.... C'est donc totalement compatible avec une autre activité.

La ministre low-cost serait payée à la prestation et sollicitée via une "appli", avec un statut d'indépendante complémentaire. Voilà qui coûterait beaucoup moins cher aux finances publiques comparativement à un salaire complet.

Elle n'aurait pas de véhicule de fonction et se déplacerait à bord d'une voiture "partagée" en province ou sur un vélo public à Bruxelles.

Pas besoin de bureau "classique" non plus. L'avenir est au travail mobile. Un bon PC portable, un smartphone dernier cri. Et on peut travailler partout où l'on se trouve, depuis n'importe quel bistrot d'artistes ou cafétéria de musée, de quoi rester en immersion culturelle permanente. S'il le faut, un espace de coworking convivial pourrait même être envisagé avec la consoeur chargée de l'Enseignement.

Pas non plus besoin de "personnel d'entretien" salarié. Attaché de presse, chef de communication ou conseillers personnels, on engagera des passionnés prêts à consacrer du temps bénévolement. Ils seront comblés de voir des spectacles et des films "à l'oeil" et seront payés en selfies avec les artistes rencontrés.

La ministre "gratuite" n'aura pas non plus de "frais de bouche". Comme les pique-assiettes qui hantent les coulisses du monde culturel, elle se sustentera dans les innombrables cocktails ou buffets qui accompagnent la plupart des événements culturels et assimilés.

Pour les frais de relooking et représentation, il y a une solution toute trouvée : comme pour les émissions de télé (même celles de service public), on sollicitera des sponsors. A chaque fois que la ministre apparaîtra, on précisera qu'elle est habillée par Untel et coiffée par Unautre. Une façon comme une autre de valoriser les talents de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Pour le déplacement au prochain Festival de Cannes, elle pourra toujours partager la voiture avec l'un des nombreux jeunes talents du cinéma belge qui descendent sur la Croisette pour tenter de trouver des contacts.

Sur place, on lui trouvera bien un Airbnb à tarif modique. Inutile de réserver une suite au Carlton ou au Majestic s'il n'y a en prime que les Dardenne à encourager sur place ! Et puis c'est bien connu, on ne va pas à Cannes pour dormir !

Avec tout ça, on sera loin des 602.000 euros annuels annoncés par le Gerfa.

Et si c'est vraiment efficace, on pourra élargir l'expérience à d'autres éminences.