TOURNAI

VIDEO | Une construction en terre crue érigée par des architectes en herbe

Des étudiants architectes de Saint-Luc (re)découvrent la terre crue en réalisant, sur le site de l’école, à Ramegnies-Chin, un abri pour vélos et pour fumeurs avec ce matériau «oublié».

Un curieux bâtiment est en cours de finition à l’entrée de Saint-Luc, à Ramegnies-chin.

Il est en réalité constitué d’un seul mur en forme de «S» au-dessus duquel viendra prendre place prochainement une toiture en bois. Un ensemble constitué de deux préaux; l’un servira d’abri pour les vélos et l’autre sera réservé aux fumeurs qui pourront goûter à l’herbe à Nicot, les pieds et la tête bien au sec.

L’originalité du pavillon réside dans le fait qu’il est réalisé exclusivement au moyen de terre crue, si l’on excepte la base construite en briques.

La main-d’œuvre nécessaire à cette érection est exclusivement fournie par des étudiants en architecture.

L’abri a d’ailleurs été conçu par trois d’entre eux- Paul-Édouard Bacqueville, Jean Delepaul et Antoine Payen - qui répondaient à un concours lancé par la faculté (LOCI) dans le cadre de la semaine de la terre crue organisée à Saint-Luc. Le pari étant d’utiliser ce

matériau quelque peu oublié dans nos régions - la terre battue - qui s’avère pourtant particulièrement intéressant sur le plan écologique.

Très concrètement, le double abri (d’environ 70 mètres carrés), réalisé sur le site de Saint-Luc, a été construit grâce à la technique du «pisé ».

Laquelle consiste à tasser (damer) de la terre crue par couches successives d’une dizaine de centimètres dans des coffrages similaires à ceux utilisés pour la construction de murs en béton.

Pour qu’elle tienne, cette terre doit impérativement contenir une certaine quantité d’argile, laquelle sert en réalité de liant au matériau. Dans le cas d’espèce, de l’argile a été ajoutée à la terre préalablement tamisée afin de renforcer la cohésion de l’ensemble.

Une fois couvert, l’ouvrage peut, sans problème, résister aux intempéries.

Pour s’en convaincre, il suffit d’observer le bon état de conservation des maisons réalisées depuis plusieurs années déjà sur l’Archéosite d’Aubechies.

Elles aussi réalisées avec de la terre crue mais selon la technique du torchis, cette fois. Le pavillon en cours de finition à Saint-Luc devrait se dresser longtemps encore sur le site car il restera en place après le déménagement de la faculté vers le centre de Tournai lors de la prochaine rentrée et profitera aux élèves des sections secondaires.

+ D'infos dans notre édition de l'Avenir/Le Courrier de l'Ecaut du samedi 16 avril 2016