TRAIL DANS LES VOSGES (RÉCIT)

À l’assaut des collines vosgiennes

Récit de notre journaliste qui, en compagnie d’une belle délégation de trailers belges, s’est rendu à Niederbronn-les-Bains pour un trail en deux étapes (75 + 26 km).

Niederbronn-les-Bains. En voilà une destination exotique… Cette station thermale française, située en Alsace, à la frontière allemande, vient d’accueillir un week-end trail bien fourni. 12, 26, 59 ou 75 km: il y avait du choix. D’autant plus qu’il était possible de combiner le 75 km du samedi avec une épreuve du dimanche (26 ou 59 km). De mon côté, c’est le «challenge des Seigneurs» (75 + 26) qui avait motivé mon déplacement.

Et dans mon sillage, j’étais parvenu à entraîner une belle brochette de coureurs belges: des amis d’entraînement du mardi, une belle délégation du TAF (Marche-en-Famenne) ainsi que des Hutois de T4F. Enfants et accompagnants compris, notre délégation était composée de 32 personnes.

Courir dans les Vosges, j’y avais déjà goûté en juin 2015 sur les 87 km du trail de Gérardmer (4 600 m D + ). Ici, la course s’annonçait différente car le 75 km ne comportait que 2 500 m de D +. Pourquoi donc s’embarquer dans cette aventure? Pour ces satanés points… Pour participer à l’UTMB en août prochain, il me manquait une course. Et le combiné du challenge des Seigneurs permet d’aller chercher 3 anciens points. Oui, je sais, les inscriptions pour l’UTMB sont bouclées depuis janvier. Mais pas pour moi puisque je courrai en tant que journaliste…

À quoi ressemble cette partie des Vosges? Toute la région est excessivement boisée, le relief est peu élevé et enchaîne une succession de collines touffues.

À l’assaut des collines vosgiennes
Le paysage est une succession de collines boisées dont on est peu sorti. -

25 premiers kilomètres rapides

Samedi, le départ est donné à 7 h. Nous sommes 8 du groupe à embarquer dans ce périple. Vu les niveaux différents, je me cale avec Fred (Comel) mon coéquipier des «Sangliers du Condroz», notre groupe de trailers du mardi. Fred est plus fort mais je ne l’handicape pas au point de lui permettre de courir en sifflotant… Les 25 premiers kilomètres sont avalés en 2 h 30. «On vient de se faire 2 courses du challenge condrusien», s’est-on dit à ce moment. Ça court beaucoup, ça monte de manière régulière et on a échappé à tout talus ou véritable grimpette. Bon, à ce rythme, on pense être rentré assez tôt.

Progressivement, je commence franchement à m’ennuyer sur la course. Les chemins sont excessivement larges, peu techniques et on est en permanence dans les bois. On n’a pas encore eu de beau point de vue mais on avance. «C’est monotone,» reconnaît Fred. Alors quand l’envie n’y est pas, les jambes suivent un peu moins. Les kilomètres s’enchaînent et les jambes commencent à fatiguer.

Les supporters en forme

À l’assaut des collines vosgiennes
Les supporters du TAF et de T4F Huy nous ont bien soutenus -
Heureusement, sur les ravitos, les supporters sont là. Si on est 8 à courir, il en reste donc 24 pour nous applaudir. Et ils le font d’une belle manière les amis de T4F et surtout les orangés du TAF. On les entendait de loin et, à l’approche des ravitos, on serait cru dans une ascension de l’Alpe d’Huez avec ces fans de cyclos qui vous boostent autant qu’ils ne vous effrayent.

Les 50 km suivants offriront un peu plus de variétés dans les paysages. Notamment en explorant ces rochers posés sur le sommet des forêts. Étriqués à la base, ils s’ouvrent vers le ciel comme des champignons. Le grès rouge est profondément strié et le rocher avance telle une casquette au-dessus des petits singles. Ces rochers ont aussi permis de construire deux forteresses à proximité.

À l’assaut des collines vosgiennes
Fred Comel, avec qui j’ai couru samedi, c’est aussi un de mes potes d’entraînement du mardi (avec notre groupe baptisé les «Sangliers du Condroz») -

Après 9 h 13 de route (8,1 km/h), Fred et moi franchissons la ligne. Le plus dur est fait mais il reste à gérer la récupération avant de remettre une couche dimanche matin.

Pour une fois, j’ai évité de refaire une troisième mi-temps aussi longue que la course… Une douche froide, des étirements, beaucoup d’eau et seulement deux bières afin d’avoir des bonnes jambes dimanche matin. C’est tout? Juste quelques flammekueches au resto pour savourer le terroir local.

À l’assaut des collines vosgiennes
On veut bien y aller piano sur la bière samedi. Mais sur la flammekueche, on n’a pas hésité. -

Dimanche, il faut se relancer

Après une bonne nuit de sommeil, nous voilà d’attaque pour la dernière ligne droite. 26 km et 1000 m de D +, c’est correct comme rapport. La bonne nouvelle, c’est que je ne marche pas comme un cow-boy. Le départ est donné à 10 h et il y a du monde: 750 partants pour ce 26 km. Fred a eu envie de délier les jambes et me lâche après quelques kilomètres. Moi, je profite de la course, contrairement à la veille. Le parcours est plus varié, mieux équilibré et le soleil me donne du peps. 2 h 51 plus tard, la boucle est bouclée. Les points UTMB sont acquis, maintenant on sait de quoi sera fait mon dernier week-end d’août… Au final, je termine 26e du Challenge des Seigneurs (109 classés) et 12 h 04. Fred est quelques places devant: 20e en 11 h 47.

À l’assaut des collines vosgiennes
La course de dimanche, je l’ai bouclée avec le sourire. La récup’ entre les deux distances avait été assez bien gérée. -

Qu’ai-je pensé de cette course? C’est une belle introduction au trail car il y a de la distance. Mais pour les amateurs de dénivelé, ce n’est pas là qu’ils fondront en larmes d’émotion et de douleur. Par contre, l’organisation des Vosgirunners est impeccable: balisage, supers ravitos, organisation: on n’a rien trouvé à redire. Donc, si ça vous tente…

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