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Audiovisuel: le marché digital dépasse désormais le marché physique

Audiovisuel: le marché digital dépasse désormais le marché physique

Le consommateur belge se tourne désormais de plus en plus vers l’achat ou la location de contenu de manière dématérialisée. Reporters (Illustration)

En 2014, pour la première fois en Belgique, le marché numérique a supplanté le marché physique dans le secteur audiovisuel, avec respectivement 130 millions d’euros de dépenses contre 115 millions d’euros.

C’est en tout cas ce qu’il ressort du nouveau rapport sectoriel du Conseil supérieur de l’Audiovisuel intitulé «L’accès aux médias audiovisuels – Plateformes et enjeux» et présenté ce mercredi à la presse.

Toutes les nouvelles offres de médias en ligne donnent du fil à retordre au CSA, l’organe de régulation du secteur audiovisuel en Fédération Wallonie-Bruxelles, l’enjeu majeur étant de fournir une égalité de traitement à tous les acteurs.

Si le consommateur belge avait pour habitude de louer ou d’acheter du contenu physique (DVD, Blu-ray), il se tourne désormais de plus en plus vers l’achat ou la location de contenu de manière dématérialisée, sur des plateformes de télédistribution ou en ligne. Le Belge est par ailleurs engagé dans de nombreuses activités connectées. Il passe en moyenne 4,29 heures en ligne quotidiennement, tous supports confondus. La consommation de vidéos en ligne est l’une des activités les répandues (37%). Le fournisseur de contenus le plus populaire pour consommer ces vidéos est YouTube qui se positionne loin devant les autres plateformes.

Cela dit, l’évolution des consommations ne se traduit pas pour autant par un réel éloignement de l’écran de télévision classique. «Le temps de visionnage quotidien par personne en Belgique francophone continue en effet à progresser: de 230 minutes en 2013 par personne à 233 en 2014», indique le rapport du CSA. «On constate davantage une complémentarité grandissante des nouveaux supports permettant une consommation délinéarisée des contenus».

Du côté de la consommation sonore, si le streaming est en croissance et si la popularité des plateformes va grandissant (Spotify, Deezer,…), la radio reste également toujours en vogue.

«L’émulation autour de ces nouveaux supports permet une consommation parallèle sur les seconds écrans (pc, tablettes, smartphones) et par conséquent de nouvelles habitudes de consommation dites «ATAWAD» (Any Time, AnyWhere, Any Device). Plus de la moitié des Belges est adepte du ‘multitâche’et regarde ainsi la télévision tout en surfant sur Internet», rapporte le CSA. Cette cohabition se caractérise également par la mise en place de nouveaux services de plus en plus populaires tels que la vidéo à la demande. Les décodeurs numériques permettent aussi un accès à des services interactifs tels que la télévision de rattrapage, la Video On Demand (VOD) ou l’enregistrement de programmes après leur diffusion sur une chaîne linéaire.

Difficile neutralité du Net

Ce nouvel environnement technologique et concurrentiel et l’évolution des consommations qui en découle remettent en question les contours du marché des médias: «Les algorithmes et systèmes de recommandation utilisés par les télédistributeurs ainsi que les plateformes Internet suscitent des questionnements au regard de divers enjeux de politique publique, mais aussi au regard de l’interprétation du concept de la responsabilité éditoriale comme l’un des critères de définition du service de médias audiovisuels», peut-on lire dans le rapport.

Dans un tel contexte, la neutralité du Net – qui vise à garantir des modalités équitables d’accès aux contenus – est particulièrement difficile à réguler. Dominique Vosters, président du Conseil supérieur de l’Audiovisuel, estime que les nouveaux modes de distribution «interpellent les modèles économiques connus, interrogent les outils juridiques destinés à soutenir la diversité culturelle (must carry vs must be seen), questionnent la nécessaire protection des mineurs et posent en d’autres termes la fonction de sélection que remplissent les divers distributeurs.»

Dans le débat européen sur les services en ligne, l’approche du CSA est de promouvoir l’application de règles identiques aux acteurs fournissant des services similaires dans un espace géographique comparable.

Avec un taux de pénétration des connexions haut débit de 83,7% en 2014, la Belgique figure parmi les pays les plus connectés d’Europe, la moyenne européenne étant de 75%, selon les chiffres 2015 de l’Observatoire européen de l’Audiovisuel cités dans la publication.

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