PSG : Laurent Blanc, la remise en cause

- AFP

Serge Aurier, titularisé après ses fameuses insultes et défaillant, schéma tactique inédit et perdant, comme un mauvais remake de l’Euro-2012: la stature et le statut de Laurent Blanc ont pris un sérieux coup après l’élimination du PSG, en quart de finale de C1.

Échec tactique

Paris devait marquer à l’Etihad Stadium, pour espérer renverser la vapeur après un match aller manqué (2-2; défaite 1-0 au retour). Pourtant, Laurent Blanc s’est, à la surprise générale, privé d’un élément offensif pour faire rentrer un latéral droit, Grégory van der Wiel, dans un 3-5-2 inédit.

Jusqu’à la blessure de Thiago Motta, qui a paradoxalement permis de rééquilibrer l’équipe avec un retour à la formation habituelle, les joueurs parisiens étaient comme perdus dans ce schéma hasardeux. Ce dispositif n’a jamais permis de se sortir de l’étouffant pressing des «Citizens», et a gâché les qualités de percussion et de dribble d’Angel Di Maria, coincé au milieu par la rugueuse paire Fernando-Fernandinho.

La dernière fois que Laurent Blanc avait «innové» dans un match à élimination directe, l’équipe de France avait été éliminée piteusement de l’Euro-2012 par l’Espagne (2-0). Le «Président» avait tenté un coup en titularisant deux latéraux droit, Mathieu Debuchy et Anthony Reveillère, sans succès là non plus.

Impression d’impréparation

Pourquoi bousculer des repères établis durant trois saisons sur le match le plus important de la saison? Privé de Marco Verratti, convalescent, Thiago Motta trop lent, Adrien Rabiot trop indiscipliné dans son placement: renforcer le milieu pouvait donc sembler légitime, mais quelle que soit la qualité d’un effectif, un bouleversement tactique se prépare. «On a essayé, le coach a choisi», a commenté sobrement Marquinhos au micro de BeIn Sports.

Le PSG a développé sous la houlette de Blanc, et à force de jouer ensemble, un jeu séduisant, qui en a fait une terreur dans les compétitions nationales, voire en phase de groupes de Ligue des champions. Le choix de tout remettre en cause est dévastateur en terme d’image: le PSG douterait-il de ses indéniables qualités?

De même, l’ancien défenseur marseillais Éric Di Meco s’est-il ému, sur BeIn Sports, de l’impression d’amateurisme lorsque, blessé, Thiago Motta a dû retourner sur la pelouse parce que personne n’était prêt à le remplacer. Là aussi, l’image de grand club que le PSG entend se donner est bien écornée.

Mauvaise gestion du cas Aurier

Alors que Serge Aurier avait insulté son entraîneur sur les réseaux sociaux, le traitant notamment de «fiotte», ce dernier l’a titularisé au match aller contre City, pour son retour en équipe première après sa mise à l’écart.

Encore un pari loupé – l’Ivoirien fut fautif sur un but des Citizens à l’aller – doublé d’une sorte d’injustice morale: Marquinhos, qui n’a jamais dérapé, irréprochable sportivement, fut laissé sur le banc. De quoi donner des envies d’ailleurs à un joueur prometteur convoité par des grands d’Europe comme le Barça.

Mentalement, les Parisiens ont également semblé aux abois au retour. Zlatan Ibrahimovic tête basse, Edinson Cavani trop seul à se démener, Serge Aurier, encore lui, sans ressort… Le discours d’avant match de l’entraîneur n’a pas semblé transcender les Parisiens, pas plus qu’ils n’ont semblé métamorphosés au retour des vestiaires. De quoi se retourner vers un meneur d’hommes?

L’avenir de Blanc en question

Prolongé début février jusqu’en juin 2018, Laurent Blanc est logiquement fragilisé par ce nouvel échec en quart de finale de C1, qui donne une impression de stagnation et ancre le PSG dans le top 8 européen, bien loin des ambitions de ses propriétaires qataris. La question de son avenir pourrait se poser à nouveau en fonction de la fin de saison parisienne (il reste deux coupes nationales à gagner). «J’ai de gros doutes sur sa présence au PSG la saison prochaine», avance même David Ginola, ancien du PSG, sur la chaîne anglaise BT Sport.

Les noms pour, éventuellement, le remplacer, fleurissent déjà: Diego Simeone, l’Argentin-gourou de l’Atletico Madrid, Mauricio Pochettino, ancien joueur du PSG qui fait des miracles avec Tottenham, voire José Mourinho, sans club depuis son départ de Chelsea. Sans oublier Manuel Pellegrini, qui est libre, puisque Pep Guardiola le remplacera cet été.

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