GRÈVE BELGOCONTROL

Le patron de l’aéroport de Charleroi: «On est complètement paumé»

Le patron de l’aéroport de Charleroi: «On est complètement paumé»

Jean-Jacques Cloquet n’a pas le sourire. Le directeur général de l’aéroport de Charleroi est particulièrement remonté contre la grève des contrôleurs aériens. IMAGEGLOBE

La grève sauvage qui a paralysé l’espace aérien belge est largement critiquée. Le patron de l’aéroport de Charleroi est furieux.

Jean-Jacques Cloquet, le directeur général de l’aéroport de Charleroi, est furibard. Cette grève sauvage d’une partie des contrôleurs de Belgocontrol, en dehors de toute concertation sociale, est «une véritable catastrophe». Ce matin, sur les ondes de la Première, il est revenu sur ce mouvement. Le patron de l’aéroport carolo était particulièrement remonté sur la manière dont la grève a été déclenchée et a paralysé l’espace aérien belge. «Hier, nous avons dû annoncer à 3 000 personnes, qui étaient venues 4 à 5 h en avance, qu’il n’y avait pas d’avions. Et pourquoi? Parce qu’il y a quelques personnes qui ont décidé de ne plus travailler. C’est ça la solidarité du monde aérien? Mais où va-t-on, où va-t-on?»

Vous le comprenez, le patron de l’aéroport de Charleroi n’était pas à prendre avec des pincettes. Mais il restait ouvert et ne condamnait pas le fond des revendications. Pour la forme, on repassera… «Le tout, c’est de discuter correctement, d’avoir des préavis s’il n’y a pas d’entente. Mais on a été pris en otage et c’était une véritable catastrophe. On a eu 10 annulations de vol! On ne peut pas prendre en otage toute l’aviation. Il faut discuter correctement et pas déclencher un arrêt subit où tout le monde est dépourvu. Là, on est complètement paumé.»

Car cette grève tombe au plus mauvais moment. Celui, où l’économie aérienne est fragilisée au lendemain des attentats à Zaventem. Alors que la plupart des acteurs s’étaient remontés les manches pour permettre de respecter les planifications de vols depuis le 22 mars, ces quelques contrôleurs mettent à mal tout le travail effectué. «On n’a plus aucune crédibilité, déplore Jean-Jacques Cloquet. Mes gens, depuis trois semaines, ils travaillent énormément sur le terrain pour faire la solidarité par rapport à ce qui s’est passé à Bruxelles. On a ouvert l’aéroport 24 h sur 24 pour aider les passagers. On n’en peut plus et, ici, une poignée de gens décident de tout arrêter sans préavis.»

Il faudra tirer les conclusions de cette expérience malheureuse. «Il faut trouver des solutions alternatives. C’est maintenant la responsabilité des autorités et dire ce qu’on fait dans ce genre de situation.»


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