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L’après-Milquet : plusieurs chantiers à achever, mais par qui ?

L’après-Milquet : plusieurs chantiers à achever, mais par qui ?

Joëlle Milquet laisse dans son sillage plusieurs chantiers, que devront clôturer le cdH et le monde de l’Enseignement. BELGA

La démission surprise de Joëlle Milquet intervient à un moment délicat à plus d’un titre, tant pour le monde de l’enseignement que pour le cdH, malmené dans les récents sondages.

Projet phare de législature, le Pacte pour en enseignement d’excellence visant à réformer et améliorer les performances de l’enseignement francophone est en effet entré dans sa phase finale.

Porté à bout de bras par la ministre Milquet, le processus a intensément mobilisé les différents acteurs de l’enseignement des mois durant. Plusieurs mesures ont déjà été dégagées. Une fin en queue de poisson du Pacte minerait durablement le moral de ces acteurs.

Plusieurs autres dossiers chauds sont en attente de décision, parfois à brève échéance.

Il en est ainsi pour l’organisation du cours de citoyenneté et philosophie -une autre grande nouveauté de cette législature – attendu pour la rentrée prochaine dans tout l’enseignement primaire officiel.

Une série de points doivent encore être tranchés rapidement, notamment pour offrir des réponses claires aux nombreux profs concernés par cette réforme.

Un autre dossier en souffrance attend aussi une conclusion rapide, à savoir la refonte tant attendue du décret réformant les inscriptions dans le secondaire, sans parler de la prochaine organisation des épreuves certificatives externes, minées par des fuites sur internet l’an dernier.

Face à ces différentes urgences, les acteurs de l’enseignement réclament logiquement de pouvoir disposer d’un nouvel interlocuteur rapidement opérationnel, sans devoir attendre plusieurs semaines de mise à niveau.

Qui prendra le relais?

Joëlle Milquet, forte de 20 ans d’expérience politique à la tête du parti et au gouvernement fédéral, n’était pas seulement ministre de l’Education. Elle cumulait également le portefeuille de l’Enfance et celui de la Culture, soit un super-ministère pesant à lui seul pour plus de trois quarts du budget de la Fédération, ce qui a fait dire à l’opposition que la ministre-présidente de la Fédération, c’était elle.

C’est au président du cdH, Benoît Lutgen, qu’il appartient à présent de désigner le successeur de Joëlle Milquet.

Le Bastognard prendra sans doute le temps de consulter quelques personnalités mais ne pourra pas trop tarder à prendre sa décision pour ne pas donner une impression de vacance du pouvoir au gouvernement de la Fédération. La fumée blanche est attendue ce mardi, voire mercredi au plus tard.

La discrétion était toutefois de mise, lundi, dans les rangs du cdH. En coulisses, plusieurs membres évoquaient une scission du super-portefeuille de Joëlle Milquet, difficile à assumer par une seule personne. L’Enseignement et les bâtiments scolaire formeraient un ensemble, la Culture et l’Enfance un autre.

Pour faire son choix, Benoît Lutgen doit tenir compte de certains équilibres. Joëlle Milquet était la figure de proue du parti à Bruxelles et la longueur des instructions en Belgique ne permet pas d’espérer un retour éventuel à brève échéance.

Le choix d’un(e) autre Bruxellois(e) pour l’un des portefeuilles semble donc s’imposer, et ce d’autant plus que les derniers sondages ne sont pas favorables aux centristes dans la capitale.

Quelques noms circulent: Céline Fremault, actuelle ministre bruxelloise de l’Environnement, Julie de Groote, présidente du parlement de la Cocof, ou encore Benoît Cerexhe, ex-ministre régional.

Le parti pourrait aussi être tenté de faire monter un Liégeois, par exemple Marie-Martine Schyns ou Marie-Dominique Simonet qui ont déjà toutes deux exercé la compétence de l’enseignement. Il pourrait également alterner la présence d’une personnalité expérimentée (Cerexhe, Simonet ou le président du parlement wallon André Antoine) et d’une jeune pousse (Schyns, François Desquesnes, etc.).

Dans ce scénario, René Collin perdrait sa double casquette de ministre au gouvernement wallon et au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles où il est compétent en matière sportive.

Pendant que Joëlle Milquet s’exprimait devant la presse à Bruxelles, le cdH tenait son bureau hebdomadaire à Namur. Le choc a été rude même si les ennuis judiciaires de la ministre étaient connus, ont confié plusieurs participants.

Joëlle Milquet est la «mère» du cdH, beaucoup l’ont côtoyée et nul n’a jamais mis en cause son désintéressement ni son investissement à corps perdu dans les fonctions qu’elle a exercées.

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