SAUTE D'HUMEUR

Une ministre belge qui démissionne ? Si cela pouvait en inspirer d'autres...

Une ministre belge qui démissionne ? Si cela pouvait en inspirer d'autres...

Une star de la politique belge démissionne, victime des fantômes présumés de son ancien cabinet. B.

Joëlle Milquet qui démissionne, c'est une onde de choc. Et pour tout dire, une ministre belge qui rend son mandat et pas pour du beurre, on ne pensait plus que ça pourrait arriver...

 

Quoi? Joëlle Milquet démissionne ? Sur le coup, c'est un choc et pour quelques heures, une info qui éclipse tout le reste.

 Bien qu'en perte de vitesse dans les sondages de popularité, s'exposant parfois de façon imprudente à un certain bashing (l'affaire du "dauphin"), elle semblait malgré tout "intouchable", star et figure d'autorité de la vie politique belge, le genre qu'on "adore détester".

C'est toute la Fédération Wallonie Bruxelles qui se retrouve décapitée, tant ses collègues de l'ex-Communauté française semblaient réduits à l'état de figurants, "Super Joëlle" prenant toute la place.

Cela veut dire d'un coup plus de ministre de l'Enseignement (et d'une kyrielle d'autres compétences). Qui va dans un proche avenir nous sortir un plan, un décret, une circulaire par jour (en forme toujours) ?

Pour la Culture, par contre, elle ne devrait guère laisser de regrets. Elle a ouvert des chantiers certes, et voulu "bouger les lignes", mais les artistes semblaient le cadet de ses soucis.

Qui ira à Cannes monter les marches avec les Dardenne en mai? Les paris sont ouverts.

Reconnaissons-lui malgré tout le courage de démissionner sans tarder, même si elle ne pouvait faire autrement (pour une fois que la Justice belge avance dans un dossier délicat !), même si elle dit n'avoir rien fait de répréhensible et n'être que la victime d'une interprétation abusive.

Par les temps qui courent, c'est un geste rare !

Joëlle Milquet n'a en effet pas fréquenté de fête d'anniversaire d'anciens collabos ni participé à des fêtes flamandes ultra-nationalistes.

Elle n'est pas la gestionnaire dépassée d'un budget gouvernemental complètement flottant et plein de trous.

Elle n'est pas responsable d'accords discrets de coopération bancaire entre la Belgique et Panama, elle n'a pas laissé des banques belges soutenues par l'argent public se vautrer dans l'offshore.

Elle ne s'est pas prises les pieds dans les chiffres de la SNCB, n'a pas conclu d'accords sans appel d'offres avec des cabinets d'avocat aux tarifs exorbitants.

Elle n'a pas tenté de bluffer sur le véritable état de centrales nucléaires belges qui font flipper tous les pays voisins.

Elle n'est pas responsable de forces de polices ou de services de renseignements qui ont foiré dans la transmissions d'informations capitales sur des terroristes et kamikazes potentiels (et depuis avérés) séjournant dans notre pays.

Elle n'était pas responsable d'un "centre de crise" qui n'a pas su gérer l'évacuation du métro après les explosions de Zaventem.

Elle n'a pas répondu béatement à la presse internationale, en réponse à des questions dérangeantes : "La Belgique a mis 4 mois à arrêter Salah Abdeslam, pour Ben Laden il a fallu 10 ans".

Joëlle Milquet devrait en fait être la sixième ou septième ministre d'un des multiples gouvernements de ce pays à démissionner depuis le début de cette législature cahotique, les défaillances de certains ayant eu des conséquences catastrophiques ou étant toujours susceptibles d'en provoquer.

Qui se retrouve pourtant la première à démissionner, victime des "fantômes" présumés de son ancien cabinet ?

C'est Joëlle !