TRANSPORTS

Grogne des routiers: les stations-service prises d'assaut, les pompes se vident petit à petit

Centres d’approvisionnement en carburant bloqués, axes routiers soumis à des barrages, tout cela amène à une pénurie de produits pétroliers dans les stations-service. Plusieurs cas de pompes à sec ont été signalés, en Wallonie, et la situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochaines heures.

«Nos distributeurs sont notamment confrontés aux blocages des centres d’approvisionnement de Wandre et de Feluy. Cela entraîne forcément des pénuries. Pour l’instant, plusieurs dizaine de stations sont complètement à sec dans la province de Liège». Impossible de toutes les citer. Epinglons la station Shell située le long de la nationale à Tihange. L'une des pompes Diesel de la station Total à Ampsin. Ou encore la station DATS à Ans. Sans compter les files qui se forment un peu partout. Comme ici, en début de soirée, aux abords de la station DATS de Ben-Ahin. 

 

«Et ça commence dans le Hainaut Olivier Neirynck, directeur de Brafco, la fédération belge des négociants en combustibles et carburant, est plutôt pessimiste. «On ne sait plus où aller s’approvisionner».

Résultat, aux stations-service, ça commence à être disette. Outre les provinces de Liège et de Hainaut, des cas de pénurie nous ont été signalés en province de Namur comme à Dinant où une station de la rue Saint Jacques n’a plus de Diesel depuis cet après-midi. À Ciney, c’est une station de l’avenue de Namur qui va bientôt se retrouver en rupture de stock également. À Havelange, une station se retrouverait aussi privée de diesel. Et encore du côté de Sombreffe, où les files s’étirent indéfectiblement. Sans oublier Namur, où plusieurs stations sont fermées.

Comme en 2000

«On se retrouve dans une situation un peu comparable à l’an 2000, lorsque les routiers s’étaient lancés dans des opérations de grande ampleur et de longue haleine. Pour rappel, en 48 heures, toutes les pompes avaient été à sec». Doit-on s’attendre à ce scénario? «Il y a une différence notable» souligne Olivier Neirynck « des points d’approvisionnement sont encore accessibles, notamment en Flandre et à Bruxelles». Sclessin était aussi, encore, libre d’accès ce mardi.

Le petit problème, c’est que lorsque les camions-citernes sont chargés, rien ne dit qu’ils arriveront à bon port. Et puis une autre difficulté s’ajoute: «Les sites Bruxelles et Anvers ne sont pas toujours fréquentés par mes distributeurs, il y a des consignes de sécurité à respecter, des badges à se procurer ». Avec au bout du compte, une répercussion sur les coûts pour les transporteurs.

 

Un secteur fâché à plus d’un titre

Les distributeurs de carburant ne sont pas contents non plus de l’instauration du système de la taxe au kilomètre. Ils s’estiment même plus impactés que les autres. «Nos prix sont fixés par le gouvernement» rappelle Olivier Neirynck «nous ne pouvons donc pas répercuter comme d’autres le coût de la taxe sur nos marchandises , nous devons supporter cette mesure»

Olivier Neyrinck tient toutefoisà préciser que du fédéral, ils ont eu un geste. Au premier avril, ils ont obtenu "l'indexation négative de la marge de distribution" chez la ministre de l'énergie, Marie-Christine Marghem. En d'autres termes, ça a permis au secteur d'avoir une certaine capacité de répercussion de cette taxe kilométrique au niveau du produit.Au niveau des régions, Olivier Neyrinck se veut plus critique.Il estime ne pas avoir eu de soutien de ce côté-là.      

Autre motif de mécontentement, la façon dont le système a été mis en place. «C’est de l’amateurisme en plein» tonne le directeur technique de Brafco. «Mes distributeurs m’appellent tout le temps pour des dysfonctionnements des OBUS (ces boîtiers que doivent dorénavant embarquer les routiers - NDLR). C’est une catastrophe».

 

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