BELGIQUE

Incidents à la bourse : l’Ordre des avocats s’inquiète de la protection des droits et libertés

Incidents à la bourse : l’Ordre des avocats s’inquiète de la protection des droits et libertés

Les incidents de samedi suscitent de vives polémiques. BELGA

L’Ordre des barreaux francophones et germanophones (AVOCATS.BE) s’est fendu d’une lettre adressée au bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur. Il demande que «toute la lumière soit faite sur les événements qui se sont produits ce samedi 2 avril ». La missive a aussi été envoyée en copie aux gouvernements fédéral et régional bruxellois.

«Surprise et incompréhension ». Voilà comment l’Ordre qualifie son ressenti après les incidentssurvenus le 2 avril dernier à la Bourse de Bruxelles. AVOCATS.BE, qui représente 7 800 avocats francophones et germanophones, a écrit à Yvan Mayeur pour exprimer non seulement des doutes, mais aussi des craintes. Dans sa lettre, l’Ordre s’émeut notamment de l’arrestation d’Alexis Deswaef qui est aussi avocat au barreau de Bruxelles au-delà d’être président de la Ligue belge des droits de l’Homme.

Le cœur du courrier est une longue phrase, où les mots sont pesés, parfois répétés, entre précautions et prudence. «Si nous pouvons comprendre qu’à la suite des événements qui avaient émaillé le week-end précédent, des mesures énergiques aient été prises pour éviter la réitération de ce type d’incident, nous ne pouvons admettre que des personnes qui avaient pour simple but de manifester, par une présence pacifique et silencieuse, leur attachement à la protection des droits et des libertés, même dans les temps troublés que nous connaissons et, d’ailleurs, surtout dans ces temps troublés, aient été ainsi interpellés ».

Atteinte aux droits et aux libertés

De façon plus précise, qu’est ce qui pose problème à l’Ordre des barreaux. «À supposer même que votre volonté ait été d’interdire toute présence sur la place de la Bourse, même pacifique, même silencieuse, ce qui nous paraîtrait difficile à comprendre même dans le contexte actuel, nous ne pourrions admettre l’usage disproportionné de la force par les services de police, dont les images télévisées témoignent ».

Bref, AVOCATS.BE veut que toute la lumière soit faite sur les événements. Lumière qu’Yvan Mayeur a aussi réclamée dans le cadre d’une enquête diligentée par ses soins. En fonction des résultats de celle-ci, l’Ordre évaluera si sa crainte principale est fondée ou pas, un Ordre qui «ne peut accepter qu’au nom de mesures de précautions, ce soit à l’ensemble de nos droits et libertés que l’on porte atteinte ».