SYRIE

L’EI perd pied dans le centre du pays

L’EI perd pied dans le centre du pays

Profitant de la trêve entre le régime et certains groupes rebelles, les soldats syriens défont l’EI. Reporters/Abaca

L’armée syriennes’est emparée dimanche de la ville d’Al-Qaryatayn, l’un des derniers fiefs de l’État islamique dansle centre du pays.

Il y a près d’un mois, les troupes du régime syrien avaient lancé une offensive pour reprendre Palmyre et Al-Qaryatayn, toutes deux situées dans la province centrale de Homs. La cité antique a été reprise le 27 mars. Et selon la télévision d’État, «l’armée, en coopération avec les forces supplétives, rétablit la sécurité dans la totalité de la ville d’Al-Qaryatayn après y avoir écrasé les derniers rassemblements des terroristes de Daech».

La prise d’Al-Qaryatayn, située à 120 km au sud-ouest de Palmyre, permettrait de sécuriser la cité antique et d’empêcher un retour des jihadistes qui y avaient détruit des trésors archéologiques et exécuté 280 personnes en 10 mois de présence. «Il ne restera à l’EI dans la province de Homs que le fief de Sokhné, à 70 km au nord-est de Palmyre», explique Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, une ONG qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie. «La reprise d’Al-Qaryatayn permettrait également à l’armée de reprendre la totalité de la badiya (désert syrien)» qui mène jusqu’à la frontière irakienne, contrôlée en majorité par l’EI.

Exécutions internes

Une trêve entre régime et rebelles globalement respectée depuis le 27 février a permis au régime, appuyé par l’aviation russe, de se concentrer sur le groupe ultraradical, visé également par les frappes de la coalition dirigée par les États-Unis.

Le groupe jihadiste a perdu au cours des dernières semaines plusieurs de ses commandants dans des frappes de la coalition conduite par Washington. Un commandant militaire du groupe, le Tunisien Abou al-Haija, a ainsi péri mercredi dans une attaque de drone vraisemblablement menée par la coalition. D’après le directeur de l’OSDH, Abou al-Haija avait été envoyé d’Irak vers la province d’Alep, sur ordre du chef de l’EI Abou Bakr al-Baghdadi.

Quinze commandants de l’EI accusés d’avoir dévoilé la position d’Abou al-Haija ont depuis été exécutés par les jihadistes. Le sort de 20 autres hommes accusés de collaboration avec la coalition demeure inconnu. «Il s’agit du nombre le plus important d’exécutions de responsables de sécurité au sein de l’EI», souligne M. Abdel Rahmane.

D’autre part, 12 combattants du Hezbollah chiite libanais, qui soutient les forces gouvernementales syriennes, ont été tués dans le sud de la province d’Alep, au cours de la violente offensive du Front Al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda) et des groupes rebelles alliés, «qui leur a permis de s’emparer d’Al-Eis», affirme l’OSDH.

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