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Sommet européen : « Plutôt pas d’accord qu’un mauvais accord »

Sommet européen : « Plutôt pas d’accord qu’un mauvais accord »

Belgian Prime Minister Charles Michel is pictured on the first day of an EU summit meeting, Thursday 17 March 2016, at the European Union headquarters in Brussels. BELGA PHOTO THIERRY ROGE BELGA

Le Premier ministre, Charles Michel, s’est exprimé à son arrivée au sommet européen.

«Je le dis clairement: je préfère pas d’accord du tout qu’un mauvais accord», a indiqué le Premier ministre Charles Michel à son arrivée au sommet européen où les chefs d’Etat et de gouvernement des 28 Etats membres de l’UE tenteront de se mettre d’accord, entre eux jeudi puis avec le Premier ministre turc vendredi, sur un plan pour gérer la crise migratoire.

Les contours de l’accord sur lequel se pencheront les dirigeants européens ont été dessinés lors d’un sommet UE-Turquie la semaine dernière. Le Premier ministre turc s’est engagé, au nom de son pays, à reprendre les réfugiés arrivés de manière irrégulière sur les îles grecques, en échange de plusieurs contreparties, dont une libéralisation des visas et l’ouverture de nouveaux chapitres dans le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE.

Le spectre de la libéralisation des visas

«Je préfère pas d’accord du tout qu’un mauvais accord», a commenté Charles Michel à son arrivée. «Il n’est pas question de brader nos valeurs.» Il ne pourra y avoir un «accord stratégique que si tout le monde respecte ses engagements».

«La Turquie demande beaucoup, et je n’accepte pas une négociation qui ressemble parfois à une forme de chantage», a-t-il poursuivi. «Nous allons être très fermes, très déterminés à défendre les intérêts européens.»

La Belgique est prête à faire plus, mais pas avant d’avoir vu des résultats concrets, notamment dans la lutte contre les trafiquants, a souligné le Premier ministre, appelant les dirigeants européens à «défendre une position commune».

Le Premier ministre se dit «préoccupé par la proposition de libéraliser les visas», ce qui permettrait aux citoyens turcs de voyager en Europe sans avoir besoin de visa, et aux citoyens européens d’aller en Turquie sans visa aussi. «Il ne doit pas y avoir de libéralisation des visas sans certitudes que toutes les conditions sont remplies», a-t-il martelé.

La Turquie doit remplir une septantaine de critères pour pouvoir obtenir cette libéralisation, mais elle n’en rencontre actuellement même pas la moitié. L’une des conditions nécessaires est qu’elle reconnaisse Chypre, ce qu’elle se refuse à faire depuis qu’elle a envahi le nord de l’île en 1974.

Le président chypriote, Nicos Anastasiades, a indiqué à son arrivée qu’il pourrait y avoir un accord «si la Turquie remplit ses obligations dans le cadre du protocole d’Ankara», signé en 2005 et qui prévoit notamment la reconnaissance de Chypre. «Mais sans ça, nous pourrions n’avoir rien du tout.»