Achats en ligne: le Belge pulvérise son record

Achats en ligne: le Belge pulvérise son record

Un bond de 30% entre 2014 et 2015: c’est de l’inédit pour la Belgique, qui a définitivement rattrapé son retard en ce qui concerne le commerce en ligne. IMAGEGLOBE

Vous faites peut-être partie des 75% des consommateurs belges de plus de 15 ans qui ont fait un achat en ligne en 2015. Dans ce cas, vous avez contribué à ce chiffre d’affaires de 8,2 milliards€ pour l’e-commerce belge. Du jamais vu.

On y est: le consommateur belge a rejoint le peloton moyen des Européens. La Belgique se situe même dans la moyenne supérieure, avec des dépenses en ligne de 8,2 milliards€ en 2015. Soit une progression de... 30% par rapport à 2014.

C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée par gfk pour le compte de BeCommerce.

Quelques tendances marquantes...

1. La plus grosse croissance

Ça faisait déjà 3 ans que la courbe des achats en ligne prenait de la hauteur: une moyenne de 17% de plus, année après année, permettait ainsi aux Belges de rattraper doucement leur retard.

Mais entre 2014 et 2015, c’est carrément un bond de 30% qui a été enregistré. De quoi surprendre même les spécialistes.

L’année 2014 s’était en effet clôturée sur un bilan de 6,3 milliards de dépenses en ligne. «On avait donc tablé sur un chiffre global de 7 milliards€ pour l’année 2015», rapporte Carine Moitié, administrateur délégué de BeCommerce.

«Mais on a revu les prévisions à 8 milliards en constatant les dépenses réalisées au moment des fêtes. Et tout compte fait, on a bouclé les chiffres de l’année sur 8,2 milliards€», poursuit-elle.

2. Le plus gros trimestre

«Les fêtes de fin d’année ont véritablement boosté les achats en ligne», explique Carine Moitié.

Rien qu’au cours du dernier trimestre, les Belges ont en effet dépensé 2,17 milliards€ (soit plus de 22 millions d’actes d’achat). Et encore, l’effet «post-attentats» de novembre, cette hausse des achats en ligne qu’on aurait pu attendre vu le climat dans les boutiques, ne s’est même pas produit. La progression s’est faite sans ça.

Montant moyen de l’achat: 97€.

3. Le plus gros succès

Les billets d’avion, la réservation d’un hébergement et les voyages all-in: ce sont les services les plus achetés en 2015.

Plus spécifiquement au 4e trimestre, les médias et le divertissement ont cartonné. Les services, de façon générale, sont moins achetés que les produits. Le rapport est en gros de 30%-70%; par contre, ils représentent les dépenses les plus importantes: 58% du montant des dépenses contre 42% pour les produits.

Côté produits justement, les jouets sont très prisés parmi les achats en ligne, tout particulièrement au 4e trimestre où se concentrent 53% des achats en la matière.

4. L’acheteur belge en ligne: profil

En moyenne, le consommateur belge qui achète des produits ou des services en ligne ne se distingue pas vraiment de ses homologues européens.

Il se situe dans la tranche d’âge assez large des 20-49 ans. «Les acheteurs en ligne sont de grands utilisateurs d’internet», rapporte BeCommerce. «Il s’agit souvent de ménages de minimum 3 personnes ou de familles avec enfants. Il préfère faire ses achats sur grand écran (PC portable ou ordi du boulot plutôt que smartphone ou tablette) et payer ses achats avec une carte de crédit (53%) ou sa carte Bancontact/MisterCash.

«Mais on a une particularité: la Belgique est un petit pays, un petit marché. Les clients belges achètent donc davantage sur des sites étrangers (Amazon en tête, NDLR), parce que l’offre belge est inférieure à l’offre étrangère», rappelle Carine Moitié.

 

Les commerces belges en ligne s’exportent bien

Si la Belgique est un petit marché, «il y a toute une liste de pépites belges qui s’exportent très bien en ligne», précise BeCommerce. Qui en veut pour preuve son BeShopping100 2015, une sorte de hit-parade annuel des sites commerçants belges et étrangers en ligne accessibles chez nous (Amazon est sur la plus haute marche du podium, ce qui ne surprendra personne).

Quels sont les commerces belges en ligne qui se vendent bien (ou honorablement) ailleurs?

Le site de vente en ligne de vêtements «Vente-Exclusive.com» (en 9e place au Top 100 des ventes en ligne en Belgique) compte près de 30% de clients hollandais.

Decathlon (27e place au Top 100) va chercher 6% de ses acheteurs internet en France et 2% aux Pays-Bas. Dans le même créneau sportif, A.S Adventure enregistre près de 6% de ses clients en ligne en France et en Grèce.

Plus de 10% des clients de Farmaline sont français ou hollandais. Dans le secteur de la «santé» toujours, près de 8% des lentilles de contact de Lensonline partent aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne.

Plus impressionnant: les produits pharmaceutiques des Belges de Pharmaclic sont commandés à 19% par des clients en ligne français et à 4% par des Hollandais.

Plus de 6% des clients de chez Selexion (électronique) sont français ou hollandais. Mais ça reste timide par rapport Art & Craft Media (électronique), qui décroche carrément 45% de ses clients aux Pays-Bas et 3% en Allemagne.

Veritas vend 6% de ses produits en ligne aux Pays-Bas et en Autriche. Et près de 11% des clients en ligne du groupe Aveve (produits de jardinerie) sont également aux Pays-Bas et en Autriche.

Plus classique, plus lourd: le groupe Plopsa, 99e au classement des achats en ligne en Belgique, réalise 22% de ses ventes internet en Allemagne et 19% en France.

 

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