BRUXELLES

Une ancienne brasserie découverte dans les sous-sols bruxellois? (vidéo)

En amont du réaménagement du parc de l’impasse de la Barbe, des fouilles archéologiques sont réalisées au cœur de Bruxelles. Une ancienne brasserie pourrait notamment avoir été découverte.

Les enfants fréquentant régulièrement le parc de l’impasse de la Barbe doivent bien se demander ce qu’il est arrivé à leur espace de jeu. Le gazon verdoyant a laissé place à de gigantesques trous dans lesquels une dizaine d’archéologiques s’affairent. Pas le temps de traîner, les archéologues ont jusqu’au mois de mai pour effectuer leur minutieux travail. «La région de Bruxelles a commandité à notre structure des fouilles archéologiques sur des parcelles de terrain qui vont être incessamment aménagées, détaille Véronique Danese, a responsable du chantier. Ces aménagements vont détruire le sous-sol et en prévision, nous réalisons une étude archéologique de celui-ci puisqu’il va disparaître. »

Le site, situé à hauteur des anciens bâtiments Philips, pourrait avoir connu une occupation à l’époque romaine. Les terrassements effectuées en 1930 pour les fondations de ces bâtiments ont en effet permis de recueillir des monnaies romaines du IIIe siècle de notre ère. Au Moyen Âge, le quartier, situé entre les deux enceintes urbaines, abritait alors l’artisanat de la draperie. Sa situation à proximité de la Senne permit également le développement de l’activité brassicole.

Lors de la construction de l’extension de la Maison des Huit Heures de l’autre côté de l’impasse de la Barbe, les recherches archéologiques en 2 011 avaient permis de révéler une première occupation du site au XIVe siècle. Un bâtiment en pierre et une étable datant du XVe siècle ainsi qu’une brasserie du XVIIIe siècle y ont également été découvertes.

Pour l’instant, ce sont essentiellement des vestiges du 19e et du XXe siècle qui ont été mis à jour. «Des découvertes soit domestiques, des maisons par exemple, ou industriel, peut-être une brasserie, mais nous n’en avons pas encore la certitude, reprend l’archéologue. Dans des zones biens précises, nous sommes descendus à des niveaux inférieurs et là nous avons découvert des vestiges de pièce que nous ne pouvons pas encore identifié, peut-être des maisons et des espaces jardin que nous appelons des terres noires. Ces zones ont révélé du matériel datant du milieu du XVe siècle jusqu’au 19e. La suite des fouilles va nous permettre de descendre encore à un niveau inférieur et de voir le type et la structure de l’habitat dans cette zone aux périodes anciennes. »

Le réaménagement de l’espace mis en attente, les archéologues doivent concentrer leurs fouilles. «Nous devons faire des choix, confirme la responsable du chantier. Pour connaître la stratigraphie de tout le site, nous avons par exemple décidé de dessiner un "L" dans lequel nous descendons plus profondément et le reste de la surface ne sera pas spécialement fouillé en profondeur. »

Photos : EdA Mathieu GOLINVAUX