LOUVAIN-LA-NEUVE

Louvain Coopération dénonce les violences sexuelles faites aux femmes

Louvain Coopération dénonce les violences sexuelles faites aux femmes

Malgré toutes les actions menées, le nombre de viols augmente. Au-delà des symptômes, il faut s’attaquer aux causes du problème. Louvain Coopération

À l’occasion de la Journée de la femme, Louvain Coopération dénonce les violences sexuelles touchant les femmes dans le Sud-Kivu.

Ce mardi 8 mars, c’est la Journée internationale de la femme. L’occasion de pointer du doigt les inégalités qui touchent encore et toujours les femmes et d’évoquer leurs conditions de part le monde. L’occasion donc pour l’ONG universitaire Louvain Coopération de mettre en avant une problématique qui est, hélas, encore d’une triste réalité: les violences sexuelles envers les femmes en République démocratique, en particulier au Sud-Kivu où l’ONG est active.

«Les cas de viols sont encore très nombreux. Dans cette province, on recensait encore 10 700 cas en 2014. Si les chiffres officiels sont en diminution, les travailleurs de terrain parlent de recrudescence de ce phénomène», indique Louvain Coopération.

Cette dernière a recueilli le témoignage de Paul Bandre, son directeur national dans ce pays d’Afrique des Grands lacs: «La RDC connaît des guerres à répétition soutenues par des viols massifs utilisés comme arme de guerre par des groupes rebelles. Ces violences sexuelles concernent pratiquement les femmes de tous âges: des bébés jusqu’aux personnes âgées.»

Une aide médicale, psychologique mais aussi sociale et économique

Le directeur national explique que ces violences surgissent lors de razzia. «On vient piller les biens du ménage et on va obliger toutes les femmes à se laisser abuser par les soldats, bien souvent sous les yeux du père et des enfants.» Des femmes sont aussi enlevées dans les champs pour devenir des esclaves sexuelles où elles se feront abuser par des soldats et «souvent par des enfants». Enfin, Paul Bandre souligne que la violence sexuelle touche aussi les citadines. «La violence s’est installée dans l’inconscience de certaines personnes comme étant plus ou moins un droit.» Et de se faire grave: «Le viol, c’est une destruction de la femme. C’est une violence sexuelle, physique mais aussi psychologique dont la femme sort absolument détruite. Toute la famille en sort aussi traumatisée.»

De par son action, l’ONG et ses partenaires locaux viennent en aide à ses femmes.

Il y a le mal physique à traiter. Louvain Coopération collabore ainsi avec l’hôpital Panzi du docteur Mukwege, spécialisée sur ces questions. Il y a le mal psychologique aussi. «Écouter la victime est déjà une thérapie en soi. Les femmes violées sont aussi stigmatisées par leur communauté et leur mari. Il faut donc sensibiliser leur famille et leur environnement pour permettre leur réintégration sociale. C’est un travail qui se fait pas à pas.»

L’ONG les aide également au niveau économique en leur permettant de développer de petites activités comme la vente de farine, de manioc, de makala (charbon de bois). «Leur réinsertion familiale va de pair avec leur réinsertion économique», insiste le directeur national.

Et Paul Bandre de conclure: «Malheureusement, en dépit de toutes les actions menées par les ONG, le nombre de viols ne régresse pas. On agit sur les symptômes, il faut désormais approfondir la réflexion pour trouver les causes de ce problème et endiguer le phénomène.»