SANTÉ

Ostéopathie: De Block veut une modification «impossible à appliquer» de la loi Colla

Ostéopathie: De Block veut une modification «impossible à appliquer» de la loi Colla

- BELGA

La ministre fédérale de la Santé publique Maggie De Block (Open Vld) a invité à une «concertation» des représentants de groupes professionnels d’ostéopathes, dans le but de travailler à une modification de la loi Colla de 1999, a confirmé mardi Els Cleemput, sa porte-parole.

Selon cette dernière, différentes associations, dont le GNRPO (Groupement National Représentatif des Professionnels de l’Ostéopathie), ont été «reçues une première fois».

«Nous travaillons à une solution pour reconnaître l’ostéopathie et la chiropractie dans le cadre d’une médecine ‘evidence based’, sur base notamment d’un rapport du KCE selon lequel certaines activités des ostéopathes (...) pourraient éventuellement être rapportées à cela», explique Els Cleemput. Cela passe, selon la ministre, par une modification de la loi Colla, qui régit les «pratiques non conventionnelles dans les domaines de l’art médical, de l’art pharmaceutique, de la kinésithérapie, de l’art infirmier et des professions paramédicales».

Cette loi de 1999, censée justement encadrer des pratiques comme l’ostéopathie, n’est actuellement toujours pas pleinement mise en oeuvre. Sous la législature précédente, un projet d’arrêté de Laurette Onkelinx visant à concrétiser une forme de reconnaissance officielle de l’ostéopathie avait été bloqué en kern... par l’Open Vld.

Si, du côté de la ministre De Block, on refuse de s’étendre sur la modification législative projetée actuellement, les réactions sont résolument négatives chez les ostéopathes. Selon Jean Ruwet, président du GNPRO et présent à la concertation, ce que la ministre souhaite serait tout simplement «impossible à appliquer». Il déplore également la mise de côté de toutes les avancées définies lors de la précédente législature. La ministre «voudrait reconnaître la pratique de l’ostéopathie, uniquement après prescription par un médecin généraliste. Le texte qui avait été dégagé lors de la précédente législature, à la suite de la consultation d’experts, et qui avait justement été bloqué uniquement par l’Open Vld, prévoyait quant à lui que l’ostéopathe soit habilité à travailler en première ligne». Il parle d’un système en triangulation, basé sur un respect mutuel entre les professions, «qui fonctionne bien depuis 40 ans».

En dehors du coût élevé d’un système basé sur une prescription préalable, le GNRPO pointe l’étrangeté d’une telle condition, alors que le titre d’ostéopathe n’est toujours pas protégé légalement et que la ministre lui a affirmé «qu’aucune politique de remboursement» n’était à attendre «dans les années à venir».