BELGIQUE

Baisser l’âge d’obligation scolaire pour lutter contre la pauvreté infantile

Baisser l’âge d’obligation scolaire pour lutter contre la pauvreté infantile

Illustration fotolia

Les travaux du Sénat mettent en lumière les bienfaits d’une intégration dès 3 ans dans le système scolaire.

La lutte contre la pauvreté en Belgique doit passer par un abaissement de l’âge de l’obligation scolaire à 3 ans et par une attention accrue à la période qui précède la scolarité de l’enfant, conclut un rapport d’information adopté vendredi à l’unanimité moins deux abstentions (N-VA et Vlaams Belang).

Le document plaide aussi pour un renforcement des structures d’accueil des plus jeunes dans les quartiers dits pauvres; pour une attention accrue à l’acquisition des connaissances linguistiques; pour plus de coordination entre l’école, la vie associative et les parents, et pour un renforcement de la facture maximale, entre autres pour les soins de santé mentale.

La problématique de la pauvreté infantile a été étudiée par une commission sénatoriale pendant un an. Celle-ci s’est penchée sur divers aspects liés à la problématique: emploi, revenus, crèches, école, santé, logement, etc.

Une journée d’étude est encore programmée lundi.

Le rapport d’information souligne que 15,5% de la population belge court un risque de vivre dans la pauvreté, sur base d’une analyse des revenus; 5,9% vit en situation de privation sérieuse, tandis 14,6% des moins de 60 ans vivent dans un ménage présentant une intensité d’emploi très faible, a expliqué Ingrid Lieten (sp.a), à l’initiative de ce travail parlementaire qui met un point final à sa carrière politique.

Le problème varie profondément d’une région à l’autre: le risque de pauvreté touche un enfant sur dix en Flandre, un sur quatre en Wallonie, et quatre sur dix à Bruxelles.

Ce risque est par ailleurs trois fois plus élevé au sein de la population qui n’est pas née en Belgique.

Le connaissance du vocabulaire des enfants de 3 ans issus de familles pauvres est trois fois plus faible que celle des enfants issus de familles riches: 400 mots contre 1200.

La pauvreté a également un impact sur la santé des enfants. Le milieu d’origine détermine ainsi le poids à la naissance, ce qui a également un impact en termes d’espérance de vie.