FOOTBALL

Marc Delire assume ses propos: «Ne pas dire que ce match était pourri aurait été une faute professionnelle»

Marc Delire assume ses propos: «Ne pas dire que ce match était pourri aurait été une faute professionnelle»

«Même les supporters grecs se retournaient vers nous avec des regards gênés», raconte Marc Delire. REPORTERS

Le commentateur du match finalement remporté par Anderlecht à l’Olympiacos jeudi soir n’avait pas mâché ses mots durant le direct. Après une (courte) nuit de sommeil, il persiste et signe.

+ VIDEO | Olympiacos-Anderlecht, «un match acheté» pour Marc Delire

«Match acheté», «Il y a des enveloppes qui se perdent», «république bananière»: sans doute plus que jamais, Marc Delire a laissé aller son franc-parler jeudi soir sur Club RTL. Quelques heures plus tard, et même si Anderlecht est parvenu à se qualifier malgré les erreurs flagrantes d’arbitrage, il ne décolère pas envers l’arbitre Arnold Hunter.

«Je n’avais jamais eu à commenter un match pareil», nous a-t-il confié. «Il y a parfois des situations où tu te dis que tu n’es pas d’accord avec l’arbitre. Mais autant dans le même sens... Le sentiment était unanimement partagé sur place. Même les supporters grecs se retournaient vers nous avec des regards gênés.»

 

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Sur la faute sur Djuricic, même un arbitre borgne aurait sorti la rouge!

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Trois actions ont particulièrement retenu l’attention. C’est surtout la deuxième qui a fait sortir Delire de ses gonds. «J’ai vraiment eu le sentiment qu’il se passait quelque chose de louche au moment du penalty accordé à l’Olympicos. C’était incompréhensible. Il y avait d’abord eu la faute non sifflée sur Acheampong qui filait vers le but en début de match. C’était bizarre mais cela peut arriver. Par contre, ce penalty... On était tout en haut du stade pour commenter. Georges (NDLR: Grün, son consultant sur ce match) pense d’abord qu’il y a penalty. Moi pas.» Le ralenti confirme ce sentiment. «Il y a trois arbitres à proximité dont au moins deux doivent voir qu’il n’y a pas faute (celui derrière la ligne de but était mal mis). Et puis, entre ces deux phases, on ne le voit pas toujours à la TV à cause des ralentis, mais il sifflait à chaque fois en faveur des Grecs! Et en 2e mi-temps, quand Djuricic se fait faucher, son adversaire ne reçoit qu’un carton jaune alors même un arbitre borgne aurait sorti la rouge! Cet arbitre ne pouvait pas être que simplement mauvais.»

Le commentateur n’a pas de regrets d’avoir évoqué ouvertement un «match acheté»: «Aucun regret! Le club et son président ont été impliqués dans une affaire de corruption, les faits sont avérés. Je n’ai aucune preuve pour ce match mais j’ai fait part de mon intuition qui était juste, réelle. Ne rien voir, c’est terriblement naïf. Il y a bien des scandales à la FIFA, pourquoi Anderlecht ne pourrait pas aussi en être victime?»

 

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Cela fait 25 ans que je commente et personne ne peut dire qui je supporte. C’est ma grande force

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Rentré en Belgique ce vendredi en fin de matinée, il dit avoir juste pris connaissance de messages d’amis. «Ils ne sont forcément pas objectifs. Ils me disaient des trucs positifs du genre ‘Enfin quelqu’un qui prend ses responsabilités’. Laurent Haulotte (NDLR: directeur de l’info à RTL) m’a aussi félicité par SMS. Mon père, qui est décédé, m’aurait peut-être dit que j’ai exagéré. Mais je répète: il y a des faits avérés de corruption concernant le club et son président. Ils ont gagné 17 des 19 derniers championnats, c’est louche!»

Enfin, concernant les critiques que l’on a pu lire sur la Toile et le fait qu’il ne doit pas ainsi jeter la suspicion, il répond: «Chacun dit ce qu’il veut. Leurs limites ne sont pas mes limites. Cela fait 25 ans que je commente et personne ne peut dire qui je supporte. C’est ma grande force.» Et de conclure: «Je persiste: ce match était complètement pourri. Ne pas le dire serait une faute professionnel.»