Assises Bruxelles - Aboubacar Sidiki Doumbia reconnu coupable du meurtre de sa fiancée (2)

Le jury de la cour d'assises de Bruxelles a reconnu, jeudi soir, Aboubacar Sidiki Doumbia coupable du meurtre de sa fiancée, Bravo Ngendakumana, commis début juin 2013.

Le jury de la cour d'assises de Bruxelles a jugé Aboubacar Sidiki Doumbia, un Ivoirien âgé de 38 ans, coupable du meurtre de sa fiancée, Bravo Ngendakumana, qui était âgée de 23 ans, commis début juin 2013.

Le jury a suivi la thèse soutenue par l'avocat général Jean-Marie Mawet et par la partie civile, Me Laurent Kennes et Me Vincent Bodson.

Il n'a toutefois pas retenu la circonstance aggravante de préméditation que ceux-ci demandaient également de retenir.

Pour étayer cette hypothèse, Me Bodson et Me Kennes avaient rappelé que l'analyse de l'ordinateur de l'accusé et de la victime avait révélé que des recherches avaient été faites concernant des "poisons mortels" et le "suicide collectif" entre autres. Il était apparu qu'au moment de ces recherches, seul Aboubacar Sidiki Doumbia était présent dans l'appartement où se trouvait l'ordinateur.

Mais le jury a estimé que cet élément était insuffisant pour fonder la circonstance que les faits avaient été prémédités.

Pour considérer que les faits étaient bien un homicide, les jurés ont tenu compte du fait que les médecins légistes avaient conclu qu'il était très peu probable que la victime soit décédée d'une mort naturelle, même s'ils n'avaient pas pu déterminer la cause de son décès.

Pour considérer qu'Aboubacar Sidiki Doumbia était l'auteur du meurtre, ils ont tenu compte du fait qu'il se trouvait en compagnie de la victime lorsqu'elle est décédée et qu'il avait, sans pouvoir donner d'explication valable, transporté le corps sur plusieurs mètres et l'avait recouvert de branches et de feuilles.

La victime, Bravo Ngendakumana, avait été signalée disparue le 5 juin 2013.

Celle-ci avait passé les jours précédents avec son fiancé, Aboubacar Sidiki Doumbia, dans un hôtel à Spa.

Entendu par la police le 18 juin 2013, Aboubacar Sidiki Doumbia, qui venait de tenter de se suicider en ingurgitant des médicaments et du liquide lave-glace, avait déclaré ne pas savoir où se trouvait sa fiancée.

Puis, le 27 juin 2013, le corps sans vie de Bravo Ngendakumana avait été découvert dans un chemin forestier à Winamplanche, près de Spa.

Réauditionné, Aboubacar Sidiki Doumbia avait alors changé sa version et avait déclaré qu'il se trouvait avec sa fiancée lorsque celle-ci était décédée, mais qu'il n'était pour rien dans son décès.

D'après lui, Bravo Ngendakumana avait eu un malaise alors qu'ils s'étaient momentanément arrêtés dans ce petit chemin forestier près de Spa. Elle n'avait ensuite plus bougé et, paniqué, il avait caché le corps sous des branchages avant de quitter les lieux sans en parler à personne.

La cause du décès n'a jamais pu être déterminée.

Le débat sur la peine se tiendra vendredi devant la cour d'assises.