Banque nationale : une bonne intégration professionnelle aura un impact positif sur notre économie

«Afin de bénéficier de tous les avantages que ces demandeurs d’asile peuvent offrir d’un point de vue économique, leur intégration sur le marché du travail est primordiale. »

Voilà la conclusion d’une étude publiée sur le site de la Banque nationale de Belgique par Marcia De Wachter, vice-présidente du Conseil supérieur de l’emploi.

Les avantages dont elle parle c’est une croissance de 0,1% du PIB belge en 2020. Le rapport explique ce surcroît de croissance par les dépenses publiques qui laissent peu à peu la place à la consommation privée. Elle augmente grâce aux revenus disponibles supplémentaires.

Si l’équilibre est retrouvé après avoir dépensé dans l’intégration des réfugiés c’est «notamment en raison du nombre de plus en plus important de réfugiés en emploi et donc de la perception de recettes additionnelles via les impôts directs, indirects ainsi que les cotisations sociales ».

Le rapport relativise également la vague migratoire que nous connaissons en la comparant à celle de 1999-2000 due à la guerre du Kosovo. «Le nombre de demandes d’asile enregistrées en 2015, soit 35 500 environ, ne dépasse pas encore le niveau de la crise des années 2000 (35 800 et 42 700 demandes en 1999 et 2000 respectivement). »

L’étude note également la proportion: les demandes introduites en Belgique correspondent à plus de deux demandeurs pour 1 000 habitants.

Un niveau d’éducation inférieur

Le rapport dresse le profil des personnes qui trouveront asile chez nous: «Les actuels demandeurs d’asile arrivant en Belgique sont majoritairement de jeunes hommes qui semblent plus éduqués que les précédentes vagues de réfugiés. Leur niveau d’éducation reste cependant inférieur à celui des Belges et les compétences associées à leurs diplômes ne sont pas toujours conformes avec ce qui est attendu en Belgique. »

Le défi est donc clair pour Marcia Van Wachter: «L’effet sur la croissance et les finances publiques dépend essentiellement de l’intégration des réfugiés sur le marché du travail. »

Une intégration qui se fera par des mesures concrètes. L’étude donne des pistes: la validation des compétences liées au diplôme obtenu dans le pays d’origine, les formations linguistiques et professionnelles poussées et adaptées aux qualifications, la répartition sur le territoire en fonction des compétences recherchées par les marchés du travail locaux, l’embauche de personnes de nationalité extra-européenne dans les fonctions publiques et la lutte contre le dumping social et contre toute forme de discrimination.