SPA - Cour d’assises de Bruxelles

L’avocat général requiert la prévention d’assassinat

L’avocat général requiert la prévention d’assassinat

L’analyse de l’ordinateur de l’accusé et de la victime a révélé que des recherches avaient été faites avec les mots-clés «poisons mortels» et «suicide collectif». BELGA

L’avocat général Jean-Marie Mawet a requis, mercredi après-midi, devant la cour d’assises de Bruxelles, la prévention d’assassinat à l’encontre de l’accusé, Aboubacar Sidiki Doumbia. Cet Ivoirien de 38 ans doit répondre du meurtre de sa fiancée, Bravo Ngendakumana, âgée de 23 ans au moment des faits, commis début juin 2013. Le corps de celle-ci a été retrouvé dans un bois près de Spa le 27 juin 2013. La cause du décès n’a pas pu être déterminée et l’accusé nie être impliqué dans les faits.

«Si mon office n’avait jusqu’ici pas estimé qu’il fallait retenir la circonstance aggravante de préméditation, je dois admettre qu’il ressort désormais des débats devant cette cour que les faits peuvent être qualifiés d’assassinat», a déclaré l’avocat général Jean-Marie Mawet.

«Je pense donc que la partie civile a raison lorsqu’elle parle de meurtre avec préméditation, notamment étant donné ces recherches effectuées sur le Web par l’accusé quelques jours avant les faits», a-t-il poursuivi.

L’analyse de l’ordinateur de l’accusé et de la victime a en effet révélé que des recherches avaient été faites sur le Web avec les mots-clés «poisons mortels» et «suicide collectif» entre autres. Il est apparu qu’au moment de ces recherches, seul l’accusé était présent dans l’appartement où se trouvait l’ordinateur.

«Dans ce dossier, monsieur Aboubacar Sidiki Doumbia nie ce qui est une évidence. Si les médecins légistes n’ont pas pu déterminer avec exactitude la cause de la mort de Bravo Ngendakumana, ils ont néanmoins précisé qu’il était très peu probable qu’il s’agisse d’une mort naturelle», a exposé l’avocat général.

«Dans un premier temps, l’accusé a nié savoir où se trouvait sa fiancée. Puis lorsqu’on a découvert son corps, il a adapté sa version des faits. Mais c’est une très mauvaise adaptation! D’après celui-ci, Bravo et lui se seraient arrêtés dans ce chemin forestier près de Spa parce que Bravo devait déféquer. Cela paraît déjà étrange. La plupart des gens qui se seraient retrouvés dans ce cas auraient choisi de retourner à l’hôtel pour cela, ou de trouver un endroit, station-service ou café, muni de toilettes», a exposé l’avocat général.

«Ensuite, ils auraient eu des rapports sexuels dans ce bois, puis l’accusé aurait été malade et aurait vomi. Puis ce serait ensuite Bravo, qui allait très bien, qui se serait effondrée et serait décédée. Tout cela paraît bien peu crédible», a-t-il dit.

«Je ne crois pas non plus à la version de l’accusé selon laquelle il a tenté de se suicider les jours qui ont suivi la mort de Bravo. Il avait raconté avoir pris des médicaments et être resté inconscient pendant plusieurs jours dans un bois à Laakdal puis s’être tout à coup réveillé. Cela paraît encore très peu plausible. Quant à son admission à l’hôpital Saint-Pierre le 17 juin 2013 pour avoir ingéré du liquide lave-glace et des médicaments, je n’y crois pas non plus. Cette tentative de suicide, c’est une mise en scène! Il a fait cela pour être conduit à l’hôpital par son ami M.C, et pas au commissariat. Il savait qu’il était alors recherché par la police après la disparition signalée de Bravo Ngendakumana», a encore avancé le représentant du ministère public.

Le procès se poursuivra jeudi avec les plaidoiries de la défense et le jury entrera ensuite en délibération.