CINÉMA

Oscars 2016: les rendez-vous manqués de Leonardo DiCaprio

Oscars 2016: les rendez-vous manqués de Leonardo DiCaprio

Reporters

Brisera-t-il enfin la malédiction? Jamais, depuis ses débuts, Leonardo DiCaprio n'a remporté le moindre oscar. Parviendra-t-il à ses fins dimanche soir, pour son implacable prestation dans "The revenant". Ce serait logique. Sauf que la logique s'invite rarement à la table des oscars... Retour sur plus de 20 années de désillusions.

 

1994 - GILBERT GRAPE
Son seul second rôle

Il n'a encore que 20 ans. Et pourtant, il crève déjà l'écran. Remarqué pour sa performance dans l'étrange mais très beau Gilbert Grape de Lasse Hallström (si, si, celui qui se fourvoiera ensuita dans d'insipides comédies romantiques, allant jusqu'à pêcher des saumons dans le désert), il est en lice pour l'oscar du meilleur second rôle. Mais cette année-là, Tommy Lee Jones fut un convaincant marshal dans Le fugitif d'Andrew Davis. A l'expérience, il renvoie à ses chères études le gamin, qui ne s'inquiète pas: des oscars, il y en aura d'autres. Pas dit.

 

1998 - TITANIC
Le succès était trop gros

Pour Leonardo DiCaprio, c'est l'année de l'explosion. En quelques semaines, Titanic fait de lui une star planétaire. Mais le film de James Cameron ne fait pas seulement trembler le box-office: il est également nommé 14 fois pour les oscars. Mais si Kate Winslet est en course pour l'oscar de la meilleure actrice (qui ira finalement à Helen Hunt), Leonardo Di Caprio, lui, n'est même pas nommé, pas plus qu'il ne l'avait été deux ans plus tôt pour le Romeo + Juliette de Baz Luhrmann. Une sacrée claque, qui explique peut-être l'obsession qu'il nourrit désormais pour les oscars.

 

2005 - AVIATOR
Les académiciens aveuglés

Pour la première fois, DiCaprio est en lice pour l'oscar du meilleur acteur. Sans y croire vraiment lui-même. Car si son incarnation de la légende hollywoodienne Howard Hugues est convaincante, Aviator n'est pas, loin s'en faut, le meilleur film de Martin Scorsese, avec qui il a déjà collaboré deux ans plus tôt, sur Gangs of New York. Surtout, en face, il y a Jamie Foxx qui épate tout le monde derrière les lunettes noires de Ray Charles, et dans un biopic autrement mieux charpenté. Les académiciens sont aveuglés. Et Leo à nouveau bredouille. Ou brocouille, comme on dit dans le Bouchonnois.

 

2007 - BLOOD DIAMOND
Pas son dada

Bizarrement, Leonardo DiCaprio est cette fois nommé pour Blood Diamond, et non pour sa troisième collaboration avec Martin Scorsese et sa prestation, époustouflante, dans Les infiltrés. D'autant que le film d'Edward Zick (pas vraiment un habitué de Sundance) empeste la grosse production comme d'autres le patchouli. Il est logiquement devancé par Forest Whitaker, consacré pour son interprétation d'Amin Dada dans Le dernier roi d'Ecosse. Encore raté.

 

2009 - LES NOCES REBELLES
Second oubli

Seconde humiliation pour DiCaprio, pourtant éblouissant dans Les noces rebelles de Sam Mendes, ou la chronique d'un couple appelé à exploser. Il y retrouve Kate Winslet, dix bonnes années après Titanic, et y affirme sa nouvelle maturité. De façon étonnante, le film ne recueille pourtant que trois nominations. Désolé, Leo, tu n'est pas sur la liste. Et quand on n'est pas sur la liste, on ne rentre pas. Outch.

 

2014 - LE LOUP DE WALL STREET
Double zéro

Un an avant, il avait encore été oublié des listes de l'académie pour son second rôle chez Tarantino, dans Django Unchained. Une double vexation quand on sait que l'oscar en question avait finalement abouti sur la cheminée de Christoph Waltz... pour le même film. Cette fois, il est nommé deux fois: une comme acteur, pour sa prestation géniale dans le costume de Jordan Belfort, une comme producteur, pour l'oscar du meilleur film. Il se fera griller la politesse les deux fois: une par Matthew McConaughey, lauréat pour Dallas Buyers Club et également au casting du... Loup de Wall Street (Hu-hu-hummm...), l'autre par Steve McQueen pour son très engagé Twelve years a slave. Double zéro sur le bulletin de Leo.

 

2016 - THE REVENANT
Qui peut battre Leo?

Après avoir déjà empoché le Golden Globe (pour la troisième fois, là), Leonardo DiCaprio peut-il encore passer à côté du sacre suprême pour son implacable prestation dans le film d'Alejandro Inarritu? Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, et l'ami Leo en sait quelque chose, mais l'affaire semble cette fois bien engagée. Certes, il ne faudrait pas enterrer trop vite Matt Damon pour son rôle, très fun, dans "Seul sur Mars". Et il n'est pas exclu, non plus, que Bryan Cranston ou Michael Fassbender lui refassent le coup du biopic pour leurs incarnations respectives de Dalton Trumbo (dans... Dalton Trumbo) et de Steve Jobs (dans... Steve Jobs, bonjour l'originalité), à la façon de Jamie Foxx en 2005. Mais de l'avis général, pour s'être mis aussi minable sur le tournage du film d'Inarritu, si l'ami Leo ne l'empoche pas cette année, il ne l'aura plus jamais. Quoique, dès l'an prochain, il pourrait encore être de la fête pour sa participation au Diable dans la vie blanche, le nouveau Martin Scorses. A Hollywood comme ailleurs, la vie n'est qu'un éternel recommencement.