BRUXELLES

De jeunes Bruxellois dénoncent la reproduction des inégalités via le redoublement

A la suite d’un voyage de 10 jours en Finlande effectué par 9 élèves entre 18 et 22 ans en septembre dernier, la maison de jeunes Chicago a organisé, mercredi à partir de 15H00, à l’institut De Mot-Couvreur à Bruxelles, des ateliers d’études consacrés au redoublement à l’école.

Bruno Bauwens, membre de l’association Chicago/D’Broej qui a accompagné le groupe en Finlande, estime que «redoubler pour revoir les matières une seconde fois ne va pas forcément régler tous les problèmes de compréhension, qui peuvent être liés au surpeuplement des classes, à une situation familiale... Ce qui a frappé les jeunes c’est l’attitude générale des enseignants, qui disent avoir l’obligation légale d’aider les élèves. Si l’un d’eux a un problème, toute une équipe se mobilise pour le résoudre».

«En Finlande, jusqu’à 14 ans, les élèves reçoivent des cartes vertes - non des points - quand une matière est maîtrisée, puis ils passent à un nouveau défi», ajoute Dirk Jacobs, professeur de sociologie à l’Université Libre de Bruxelles. «L’élève va de succès en succès. Chez nous, l’estime de soi en tant qu’élève est malmenée. En communauté néerlandophone, il y a quelques bonnes pratiques, comme faire passer l’élève tout en lui faisant seulement suivre à nouveau les parties des cours mal maîtrisées». Il espère que le Pacte d’excellence en cours de discussion s’inspirera du suivi différencié choisi par la Finlande pour changer les mentalités et repenser l’approche des difficultés d’apprentissage: «Le système finlandais est au sommet des classements européens. Il combine excellence et accès démocratique sans dépenser plus d’argent. En 2012, le coût du redoublement pour la communauté française s’élevait à plus de 400 millions d’euros, soit 11% du budget pour l’enseignement».

Il rappelle sur base des études Pisa (Programme international pour le Suivi des Acquis), qu’en 2013-2015, à Bruxelles, 60% des élèves de 15 ans avaient déjà redoublé dans les écoles francophones, contre 34% dans les écoles néerlandophones. Ce taux tombe à 49% si on considère l’ensemble de la communauté française et à 30% en communauté néerlandophone. En Finlande, le taux de redoublement est en dessous des 2%.