BELGIQUE

Son ex-fiancée a vu Salah Abdeslam trois jours avant les attentats de Paris et « ça ne tournait pas rond »

Son ex-fiancée a vu Salah Abdeslam trois jours avant les attentats de Paris et « ça ne tournait pas rond »

Salah Abdeslam protégeait sa petite amie de ses fréquentations, affirme Wardah (prénom d’emprunt). AFP

L’ex-fiancée de Salah Abdeslam s’est confiée dans un entretien publié par l’hebdo flamand Knack.

«Quand j’ai connu Salah, il n’était pas intéressé par les fêtes et la boisson. Mais avec Abdelhamid (Abaaoud, NDLR), ça a changé. Il était jeune et a été influencé: ils allaient ensemble à des fêtes. Et oui, ils buvaient beaucoup. Il y a eu de plus en plus de distance entre nous», a raconté l’ex-fiancée de Salah Abdeslam, recherché pour son rôle présumé dans les attentats du 13 novembre à Paris, à l’expert en radicalisation Montasser Alde’emeh, dans une interview publiée mercredi par l’hebdomadaire flamand Knack.

«Pour me protéger»

Salah Abdeslam protégeait sa petite amie de ses fréquentations, affirme Wardah (prénom d’emprunt). «S’il voyait ses amis, il ne me le disait pas. Pourquoi? Pour me protéger. Il ne voulait pas me perdre à cause de ses amis. Il ne voulait pas qu’ils me parlent.»

Wardah évoque également l’époque où Salah Abdeslam travaillait pour la STIB. «Il a dû démissionner à cause de différents délits qui lui ont valu cinq mois de prison.»

«Emprisonné pendant six mois»

Quant à l’influence qu’a jouée Abaaoud, «je peux seulement dire que Salah, jusqu’en 2011, n’a eu aucun problème avec la justice. Il avait un casier judiciaire vierge. Ce qu’il s’est passé le jour où il a commis ces délits, je ne le sais pas exactement. Il ne voulait pas en parler. Il a été condamné et libéré un mois plus tard. Abdelhamid (Abaaoud) a été emprisonné pendant six mois.»

Selon son ex-fiancée, Abdeslam ne s’est pas radicalisé en prison. Il a pourtant tenté de se rendre en Syrie fin 2014. «Il a commencé à m’en parler lorsque nous étions ensemble en voiture ou que nous allions manger quelque part. Il était alors convaincu que nous devions déménager, et que ce serait mieux pour nous en tant que couple marié, que nos enfants auraient un meilleur avenir. Il avait toujours une explication toute faite à mes questions.»

Trois jours avant les attentats de Paris: «Je voyais bien que ça ne tournait pas rond»

Wardah détaille également la dernière fois où elle a vu Salah Abdeslam, trois jours avant les attentats de Paris. «Nous sommes allé dîner ensemble le 10 novembre, dans les environs de Bockstael à Laeken. Je voyais bien que ça ne tournait pas rond. Il n’a pas beaucoup mangé, il semblait malheureux même s’il m’a assuré que tout allait bien. Nous avons parlé de notre avenir et de mariage. Je lui ai dit que ça m’inquiétait quand il disparaissait sans prévenir, et qu’il ne faisait rien pour trouver un travail fixe. J’ai commencé à pleurer. Lui aussi. Et il m’a dit que s’il ne parvenait pas à m’épouser pendant sa vie sur terre, nous nous marierions au paradis. Je lui ai demandé ce que cela signifiait, mais il a évité de me répondre. Il a balayé toutes mes questions en me répétant que tout allait bien.»