ASSISES LIÈGE

Les premiers témoins auditionnés au procès Henkinet

Les premiers témoins auditionnés au procès Henkinet

La nuit du 1er au 2 mars 2013, Rita Henkinet (57 ans) avait mis fin aux jours de ses deux enfants handicapés, Arnaud (24 ans) et Audrey (26 ans). Son frère Benoît (48 ans) est suspecté de lui avoir apporté son aide. BELGA

Après une nouvelle interruption, le rocès de Rita et Benoît Henkinet a repris avec l’audition des premiers témoins.

La cour d’assises de Liège a entamé mercredi en fin de matinée les auditions des premiers témoins au procès de Rita Henkinet et de son frère Benoît Henkinet, accusés des assassinats des deux enfants handicapés de Rita Henkinet. Les juges d’instruction ont confirmé que Rita Henkinet avait avoué les faits et qu’elle avait justifié son geste par un acte d’amour.

Mercredi matin, l’audienceavait été interrompue lorsque la défense avait réclamé l’écartement de certaines pièces du dossier. L’arrêt de renvoi des accusés et les rapports des psychologues étaient visés.

Mais la Cour a rejeté cette demande en fin de matinée. Par ailleurs, un nouvel expert psychiatre a été désigné et a obtenu la mission de réaliser en urgence les expertises de Rita et Benoît Henkinet.

Le procès pourrait de nouveau être interrompu plusieurs heures lorsque cet expert devra examiner les accusés.

Benoît Henkinet savait

Les juges d’instruction Viviane Joliet et Pascale Goossens ont détaillé devant les jurés l’ensemble des devoirs qui ont été réalisés lors de l’enquête. Elles ont confirmé que Rita Henkinet avait fait une réelle tentative de suicide.

Ses auditions n’ont pu être réalisées que 10 jours après les faits. Rita Henkinet avait directement avoué qu’elle avait tué ses deux enfants handicapés à l’aide d’un cocktail de médicaments et par des manœuvres d’étouffement.

L’accusée avait justifié son acte en exposant son degré de souffrance par rapport à l’état de santé de ses enfants. Elle estimait que cet état de santé s’était dégradé chez sa fille tandis que son garçon souffrait aussi de problèmes physiques.

Devant le juge d’instruction, Rita Henkinet affirmait avoir posé un acte d’amour en ôtant les vies de ses enfants handicapés.

Après son arrestation, Rita Henkinet avait été placée durant plusieurs mois en détention préventive avant d’être libérée sous conditions en juillet 2013. Benoît Henkinet n’avait par contre pas été placé sous mandat d’arrêt.

Selon le juge d’instruction Joliet, Benoît et Rita Henkinet avaient beaucoup parlé, entre eux, de la situation des enfants. Benoît Henkinet savait qu’un jour sa sœur risquait d’ôter la vie de ses enfants. Il considérait qu’elle était arrivée au bout d’un processus et que sa décision était irrévocable. Selon le juge d’instruction, contrairement à ce que prétend l’accusé, Benoît Henkinet savait, la veille des faits, que sa sœur allait mettre son projet à exécution.

Les enquêteurs seront entendus ce mercredi en début d’après-midi.