LIÈGE

Rita Henkinet a avoué les assassinats de ses enfants handicapés

Rita Henkinet a avoué les assassinats de ses enfants handicapés

Benoit Henkinet et Rita Henkinet. BELGA

«Je n’étais plus en mesure de gérer la situation»: Rita Henkinet a avoué les assassinats de ses enfants handicapés aux assises de Liège.

Rita Henkinet a reconnu qu’elle avait pris la décision d’assassiner ses enfants et a réaffirmé ce mardi lors de son interrogatoire devant la cour d’assises de Liège qu’elle n’avait pas reçu le soutien adéquat des institutions spécialisées dans l’aide à apporter à ses enfants handicapés. Ce défaut d’encadrement serait à l’origine de son désespoir et de sa décision de mettre fin aux jours de ses enfants. Rita Henkinet a également dit qu’elle avait souhaité mourir avec ses enfants.

Rita Henkinet a longuement détaillé les différentes étapes de sa vie avec ses enfants handicapés. Elle a évoqué des situations très douloureuses qui ont provoqué chez elle un phénomène d’usure. La présidente Catherine Urbain a tenté d’affiner les propos de l’accusée et d’obtenir des réponses plus précises sur ce qu’elle ressentait et sur les difficultés qu’elle rencontrait avec ses enfants handicapés. Rita Henkinet est alors devenue plus nerveuse et s’est dite fatiguée à ce stade de l’interrogatoire.

Pour expliquer la situation de ses enfants qui, selon elle, se détériorait depuis 2009, elle a dit que «tout se bousculait dans leur vie» et parlé de «pressions» ou de «tumultes». Mais Rita Henkinet est restée vague ou a affirmé qu’elle ne pouvait pas tout expliquer. Elle a également évoqué un encadrement inadéquat autour de ses enfants et la nécessité d’installer d’autres dynamiques. Elle a fait part d’une certaine impuissance face aux actions des institutions spécialisées. «On était mis devant le fait accompli. Les décisions des institutions tombaient comme un couperet.»

Rita Henkinet a critiqué les actions des médecins et psychiatres, affirmant qu’ils n’avaient pas adopté les bonnes attitudes face à ses enfants ou qu’ils n’avaient pas appliqué les soins adéquats. En évoquant ses enfants, elle parle de deux êtres qui étaient en difficulté. Mais ces difficultés ont été nuancées par les médecins qui les considéraient comme des affections bénignes.

Un médecin a confirmé que Rita Henkinet avait sollicité en janvier 2013 l’euthanasie de sa fille Audrey. Cette demande lui avait été refusée car considérée par le médecin comme un assassinat. Celui-ci était par contre disposé à mettre d’autres solutions en place pour aider Rita Henkinet.

«Il est possible que nous partions pour le grand voyage»

L’accusée a ensuite reconnu qu’elle avait pris la décision de tuer ses enfants. «Je n’étais plus en mesure de gérer la situation, je n’allais pas laisser mes enfants là», a-t-elle précisé. Le 21 février, elle avait remis une forte somme d’argent à son frère Benoît ainsi que des médicaments pour qu’il puisse se suicider lui aussi, s’il ne supportait pas le geste qu’elle allait commettre. Quelques heures avant les faits, elle avait encore contacté son frère pour lui faire part de ses intentions. «Il est possible que nous partions pour le grand voyage», lui avait-elle dit.

Rita Henkinet a reconnu qu’elle a mélangé des médicaments écrasés à de la mousse au chocolat pour les faire ingérer à ses enfants. Il s’agissait d’un total de 120 comprimés de Lormetazepam. Les enfants se sont endormis. Puis, elle leur a encore fait absorber d’autres médicaments avec de l’alcool fort. «En voyant qu’ils ne partaient pas assez vite, j’ai pris des couvertures. Je me suis allongée sur leur corps en serrant les couvertures sur leur visage. Audrey a mis sa main dans mes cheveux. Arnaud a tapoté ma tête et j’ai interprété cela comme un geste de remerciement», a exposé l’accusée. Rita Henkinet a ensuite expliqué qu’elle avait tenté de se suicider en absorbant de l’alcool et des médicaments.

L’interrogatoire de Benoît Henkinet aura lieu ce mardi soir.