JUDICIAIRE

Le procureur fédéral veut que les terroristes puissent aussi devenir informateurs

Le procureur fédéral veut que les terroristes puissent aussi devenir informateurs

Salah Abdeslam aurait pu être un informateur s’il s’était repenti. AFP

Et si Salah Abdeslam s’était repenti avant ce dramatique 13 novembre ? Il aurait pu aider la police à empêcher les attentats... du moins c’est ce que plaide le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw.

Le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw plaide dans une interview accordée à De Standaard et Het Nieuwsblad pour que les terroristes repentis puissent se rendre à la police et devenir informateurs. Il pense ainsi que Salah Abdeslam aurait pu être un parfait informateur s’il avait été approché avant les attentats du 13 novembre à Paris.

«Dans les dossiers de terrorisme, les informations sont des marchandises de la plus haute importance. Mais en ce moment, notre système judiciaire n’a que très peu à offrir à ceux qui veulent en donner. Il existe un programme de protection des témoins, mais il ne concerne que des témoins de faits criminels qui ne sont pas impliqués eux-mêmes», explique le procureur.

«Selon la loi, nous ne pouvons rien proposer à des personnes qui auraient été impliquées dans des crimes, exprimant des remords, et qui voudraient parler à la police», déplore M. Van Leeuw, qui souhaiterait voir un nouveau régime advenir pour ce type potentiel d’informateurs. «De l’information contre une nouvelle vie sous une nouvelle identité: cela existe aux Etats-Unis et en Italie.»

Selon le procureur fédéral, Salah Abdeslam avait le profil parfait du terroriste repenti. «S’il a effectivement décidé de ne pas mener son plan à terme au dernier moment, il aurait aussi pu opter pour une échappatoire plus tôt. Il aurait pu aider la police à empêcher les attentats. Abdeslam aurait pu nous aider à mettre les structures terroristes à nu pour prévenir de nouveaux attentats comme ceux de Paris à l’avenir. Ce en échange d’une nouvelle vie ou d’une diminution de peine.»