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La France menace d’évacuer par la force une partie des migrants de la « Jungle » de Calais

La France menace d’évacuer par la force une partie des migrants de la « Jungle » de Calais

Une partie de la «Jungle» de Calais doit être évacuée et la France menace de le faire par la force. AFP

Les autorités françaises menacent d’évacuer par la force des migrants campant dans une partie de la «Jungle» de Calais, si ses occupants ne la quittent pas d’ici mardi soir, en évoquant des exactions commises sur le site.

Cette annonce a été faite vendredi soir par les autorités locales qui ont invoqué «l’urgence» de procéder à l’évacuation du camp de la «zone sud», refusée par la plupart des associations actives sur ce site dit de la lande.

Selon la préfecture, 800 à 1.000 migrants vivent dans cette zone, tandis que les associations avancent le chiffre de 2.000 personnes concernées, soit la moitié de la «Jungle».

Les personnes se trouvant dans cette zone devront avoir quitté les lieux au plus tard le mardi 23 février à 20H locales, a annoncé la préfecture.

«Passé ce délai, à défaut d’avoir quitté les lieux, il sera procédé à l’évacuation des occupants de cette zone, si nécessaire avec le concours de la force publique», ajoute-t-elle.

«Tout le monde doit quitter cette partie-là»

Il y a un mois, 500 à 700 migrants avaient dû quitter une bande de 100 m de profondeur longeant l’axe routier stratégique menant au port. Cela s’était déroulé sans recours à la force publique.

Le 12 février, la représentante de l’État français dans la région (préfète), Fabienne Buccio, avait affirmé que «plus personne ne doit vivre» dans la zone sud du camp et que «tout le monde doit quitter cette partie-là», avec un délai d’une semaine.

Les migrants ont le choix entre un centre d’accueil provisoire ouvert en janvier dans la partie nord du camp, et capable d’accueillir 1.500 personnes dans des conteneurs aménagés, ou différents centres d’accueil et d’orientation créés ailleurs en France.

La préfecture a évoqué des «exactions» commises par des migrants qui, «sont à l’origine d’une aggravation du niveau de tension» avec «la population» au cours des trois dernières semaines. Selon les autorités, ces exactions «sont instrumentalisées par des mouvements extrémistes».

Elle dénonce aussi «des exactions commises contre des migrants par des individus membres de groupuscules radicalisés autour du camp de la lande» et s’alarme des «appels à la haine et à la violence circulant sur les blogs de collectifs d’ultra-gauche et d’ultra-droite».