OUGANDA

Museveni prêt à «rempiler»

Museveni prêt à «rempiler»

Yoweri Museveni est prêt à entamer un mandat supplémentaire, mais l’élection prête à suspicion. AFP

Le scrutin législatif et présidentiel n’est pas clos en Ouganda, mais le président sortant, Yoweri Museveni, semble devoir être reconduit.

Le principal candidat de l’opposition à la présidentielle en Ouganda, Kizza Besigye, leader du Forum pour le changement démocratique (FDC), a été arrêté ce vendredi au siège de son parti au lendemain du premier tour, chaotique, de la présidentielle dont les résultats partiels donnent le chef de l’État sortant Yoweri Museveni largement en tête.

Selon les médias ougandais, cette arrestation pourrait être liée au fait que le FDC s’apprêtait à publier ses propres résultats pour l’élection présidentielle, ce qui est illégal.

C’était la troisième fois cette semaine que M. Besigye était arrêté par la police. Il avait été interpellé lundi en tentant de faire campagne dans le centre de Kampala, puis jeudi alors qu’il se trouvait devant une maison où des membres du parti au pouvoir étaient selon lui en train de bourrer des urnes. À chaque fois il avait été relâché à peine une ou deux heures après.

L’arrestation, jeudi, de M. Besigye avait été condamnée par les États-Unis, qui y avaient vu un type d’agissement remettant «en question l’engagement de l’Ouganda à mener une élection libre et transparente exempte d’intimidation».

Sans encombres

S’il s’est déroulé globalement sans encombres en province, le premier tour de la présidentielle a été pour le moins chaotique à Kampala, réputée acquise à l’opposition: de nombreux bureaux n’ont ouvert jeudi qu’avec plusieurs heures de retards, provoquant des heurts entre électeurs en colère et forces de l’ordre, tandis que les réseaux sociaux étaient purement et simplement bloqués par le pouvoir.

Selon les premiers résultats, portant vendredi en milieu d’après-midi sur 44,5% des bureaux de vote, M. Museveni était en tête avec 62,82% des voix, devant M. Besigye (32,72%).

Les résultats complets de la présidentielle devraient être connus samedi.

Même si la victoire de M. Museveni semble se dessiner, 17 de ses ministres, dont celui de la Défense, Crispus Kiyonga, auraient perdu leur siège de député, selon le quotidien d’État New Vision. Le scrutin s’est poursuivi dans le calme ce vendredi dans une trentaine de circonscriptions de Kampala et ses environs, où les électeurs n’avaient pu voter jeudi.