REGARDS SUR LA SEMAINE QUI PASSE

L’hôpital de Mouscron exemplaire à la télé

Le magazine d’enquêtes «Questions à la Une» de mercredi soir posait la question «Les médecins sont-ils des requins?» en abordant les dérives, comme les ophtalmologistes qui refusent de vous soigner si vous ne prenez pas une chambre seule car ils ne touchent «que» 1 500€ plutôt que 3 000€… en une matinée. Ou encore les doubles tarifs pratiqués par l’hôpital de la Citadelle à Liège si vous souhaitez passer avant les autres pour un rendez-vous!

Au milieu de ce tour d’horizon acerbe, un établissement est sorti du lot: le CHM! «Ici, tout est joli et nouveau. Un hôpital très beau et qui ne facture pas de suppléments d’honoraires. Ils sont deux à trois fois moindres qu’à Liège et Bruxelles» dit le commentaire introductif de Frédéric Deborsu avant d’énumérer ses avantages majeurs en compagnie de Grégoire Lefebvre, le directeur général, et de Paul Deceuninck, le directeur médical.

Une construction économique, un parking gratuit, deux frigos par chambre et la cogénération «faisant de notre hôpital celui qui consomme le moins de Belgique». Le CHM fait même des bénéfices.

Le journaliste conclut: «Il y a une décision avant-gardiste que peu de villes ont osé prendre du côté francophone», à savoir fusionner l’hôpital privé et public, voici vingt ans. «Fini la concurrence, place à une gestion ensemble!»

Pour appuyer l’exemple mouscronnois, le journaliste a enchaîné avec les deux établissements de La Louvière distants de 500 mètres qui se font la guerre…

Une excellence qui faisait plaisir à voir et entendre car hormis lors de faits divers importants, les médias nationaux rechignent souvent à faire le déplacement au prétexte que «c’est le bout du monde pour nous, en venant de Bruxelles»

Droit du sol ici droit de l’homme là-bas

Un confrère consacrait récemment un reportage au fait que de plus en plus de Flamands viennent s’établir dans l’entité de Mont-de-l’Enclus. Le bourgmestre Bourdeaud’huy s’en félicitait, tout en ajoutant qu’il était hors de question néanmoins que cela remette en cause le caractère francophone de sa commune qui n’est pas à facilités linguistiques «Si cela n’était pas le cas, alors l’accueil serait différent» et d’ajouter «Les Flamands doivent comprendre qu’ils vivent dans une commune francophone». Tiens! C’est marrant ou plutôt étonnant car quand un (riche) francophone va s’établir dans le Brabant flamand, il est légitime qu’on lui octroie des facilités linguistiques et que la défense de ses intérêts linguistiques devienne même la seule raison d’être d’’un parti politique (le FDF ou Defi si vous préférez). Mais quand un (riche) flamand vient s’installer en Hainaut, il a juste le droit… d’oublier sa langue!

Pas d’illusion… ou de panique!

Simultanément à l’ouverture de son magasin à Mons, Ikea faisait savoir qu’elle envisageait encore la création de deux implantations en Belgique: l’une en Flandre, l’autre en Wallonie. Quand on voit le ramdam (!) aux «Grands Près» et l’accueil royal réservé par Elio Di Rupo à ces investisseurs venus du grand Nord, certains en Wapiland se sont peut-être mis à rêver: pourquoi pas chez nous? Le miroir aux alouettes s’est cependant vite brisé: «Ce ne sera pas en Hainaut occidental» a déclaré un porte-parole ignare de la multinationale («ignare» car il aurait dû savoir que l’appellation «Hainaut occidental» est proscrite par les hautes autorités régionales). La raison? «Côté flamand, le nouveau magasin sera situé dans la région de Courtrai, donc cela n’aurait aucun sens d’en construire un autre si proche».

Tant pis ou tant mieux?

Le chiffre de la semaine

80%. Le chiffre ressort d’une étude allemande sur les réfugiés qui affluent dans ce pays (le chiffre d’1,1 million est cité!). Or, 80% d’entre eux n’ont pas le niveau d’un ouvrier spécialisé, presque aucun ne parle l’allemand, beaucoup ne connaissent pas non plus l’alphabet latin et bon nombre sont analphabètes. Et il n’y a pas de raison évidente qui ferait que le profil des demandeurs d’asile présents chez nous soit radicalement différent. Bref, on est loin, très loin, de l’image du médecin ou du technicien de haut vol qui aurait vite fait de s’intégrer dans notre tissu économique une fois son statut reconnu.Pourtant, et c’est d’autant plus à souligner, l’étude en question a été rendue publique au moment même où 36 grands groupes allemands décidaient d’unir leurs forces afin de faciliter l’entrée des réfugiés dans le monde du travail allemand. Après la réunification (réussie), l’Allemagne s’attaque à un autre défi humain d’envergure; on ne peut pas prétendre qu’un même enthousiasme volontaire anime nos autres voisins français…

La phrase de la semaine

«Un jeune entrepreneur va-t-il vraiment lancer sa start-up en Wallonie avec ce genre de débat sur la réduction du temps de travail et la hausse des taxes sur les hauts revenus ?»La question est posée par le directeur d’Agoria Wallonie (fédération de l’industrie technologique) qui ajoute à l’adresse de nos dirigeants, spécialement ceux étiquetés PS, que «La Wallonie n’est pas une île».

La décision de la semaine

Le gouvernement wallon vient d’enterrer le système de vote électronique. Bienvenue dans une région qui se veut à la pointe du numérique… Et pas touche surtout au pont des Trous car avec de telles ambitions en matière technologique, on devrait prochainement en revenir aux bateaux à vapeur.