PROVINCE DE NAMUR

L’immobilier en province de Namur : toujours un fossé Nord-Sud

L’immobilier en province de Namur : toujours un fossé Nord-Sud

De manière générale, le prix de l’immobilier est en augmentation en provinc de Namur. EdA

Informations de première ligne sur les transactions immobilières: celles des notaires de la province de Namur. Quelles sont les tendances?

Comme chaque année, les notaires de la province de Namur ont compilé les chiffres des transactions immobilières, qui passent obligatoirement par eux. Pour 2015, dans leur ressort, ils parlent de statu quo, qui devrait perdurer en 2016. Que retenir d’une montagne de données? Quelques tendances de fond, repérées sur le long terme.

 

1. Les «bons vieux 4 façades» d’il y a 40 ou 50 ans

De quoi parle-t-on? De maisons plutôt haut de gamme construites dans les années soixante ou septante. Sur un grand terrain, dans un coin calme. C’était la tendance du moment. Un couple d’enseignants pouvait se permettre ces villas «haut de gamme». Dont beaucoup ont vieilli avec leurs habitants, qui trouvent encore bien solides et en bon état des châssis en bois à simple vitrage. Bref, qui n’ont plus investi depuis des dizaines d’années. Or, les jeunes couples d’aujourd’hui préfèrent une maison jointive en ville, à ces monuments des sixties, énergivores et parfois loin de tout. Du coup, les prix continuent à baisser. Encore 7,5% de moins en 2015, par rapport à l’année précédente. Le prix moyen en province de Namur est passé de 292 000 à 270 000€, en 12 mois. Et ça va sans doute continuer, selon les notaires: «Ces villas continuent de manger leur pain noir».

Philippe Laurent, notaire à Beauraing, parle d’inexorable effondrement. Il y aurait pourtant une solution, selon le même. Car on ne va tout de même pas démolir de solides bâtiments, même s’il faut les rénover. Et de suggérer qu’on leur offre un nouvel avenir. «Il faudrait reconvertir des villas en deux beaux appartements de 150 m2 , séparer le jardin en deux». À grand renfort de travaux d’isolation et de modernisation, évidemment.

Voilà une excellente idée. Mais il n’est pas évident de la mettre en œuvre. De telles modifications nécessitent un permis d’urbanisme. Or, dixit le notaire Laurent, «beaucoup d’administrations communales n’y sont pas très favorables. Elles ont imaginé des schémas de structure stricts, qui prévoient par exemple un logement pour 20 ares. Souvent, on a voulu conserver le cadre bourgeois».

Par contre, une nouvelle tendance tend à contrecarrer une autre réalité, de plus en plus marquée: le manque de terrains à bâtir. L’an passé, le nombre de permis sollicités dans le Namurois a baissé de 8,1%. Et pour cause, commente la notaire Valentine Demblon: «Il n’y a pratiquement pas de terrains». Donc des promoteurs, essentiellement en ville, démolissent de vieux bâtiments et reconstruisent.

 

2. Prix moyen d’une maison

On ne parle plus de «villa», mais d’une maison «standard». Le prix en province de Namur reste stable. Soit 182 782€ en 2015 contre 181 842€ en 2014. Les différences selon les sous-régions, sont importantes. Prenons une habitation vieille d’une dizaine d’années, en bon état. Elle vous coûtera 200 000€ à Gedinne, contre (au moins) 300 000€ à Éghezée.

 

3. Appartements

Entre 2014 et 2015, le prix moyen d’un appartement en province de Namur reste stable, aux alentours de 160 000€. Il y a trop d’appartements dans notre province, voilà pourquoi les prix n’augmentent pas. Exception: les 3 chambres à Namur, rares et recherchés. Notamment par des personnes âgées contraintes de revendre leur grosse maison. Une clientèle très aisée.

 

Ce tableau comparatif (ci-dessus) des tendances, en moyenne, a été réalisé en sondant les études notariales de la province de Namur. Donc, les informations remontent directement du terrain. Pour Namur, les chiffres ne concernent que la périphérie, les immeubles et appartements du bord de Meuse étant « hors catégorie », ils « pètent » tous les plafonds. Pour les appartements, on remarquera (c’était déjà le cas en 2014), que Namur, Gembloux et Andenne forment le trio de tête dans la catégorie « appartements neufs ».

 

4. Fossé Nord-Sud

Les différences de prix entre le Nord et le Sud de la province restent de mise. C’est toujours le Nord qui tire les prix vers le haut (voir la carte, dans ce dossier, qui concerne les maisons 2 façades, les plus vendues, et les plus facilement vendables). Entre Vresse-sur-Semois et Gembloux, on peut carrément parler de gouffre. Idem pour les terrains. Entre 20 et 40€ du m2 en Ardenne namuroise ou à Couvin, plus de 100€ à La Bruyère ou Namur.

Les fourchettes de prix varient beaucoup d’une sous-région à l’autre. Plus on va vers le Nord, plus c’est cher. Et inversement.

 

Les terrains

 

Les maisons deux façades

 

5. Quelques chiffres