Halte aux fringales

- Aaron Amat - Fotolia

Qui ne se rue pas sur un morceau de fromage ou une poignée de chips dès son retour du boulot? Voire grignote devant la TV. La fringale s’explique et se combat.

Les cyclistes vous le diront, subir une fringale en plein effort vide les batteries d’un seul coup. Plus moyen d’avancer! On se souvient de celle de Bernard Hinault, qui lui a fait perdre le Tour de France en 1986. Dans la vie de tous les jours, nous avons souvent ce sentiment de fringale, certes dans une moindre mesure. La plupart du temps, il apparaît en début de soirée, quand on rentre du boulot, ou plus tard, après le dîner en regardant la TV. Mais il n’a pas de commune mesure avec la vraie fringale des sportifs. «Le terme est très subjectif et interprété de façon différente par les gens, souligne Nicolas Paquot, professeur de nutrition au CHU de Liège. Il s’agit en fait d’une hypoglycémie très modérée, une petite diminution du taux de sucre dans le sang qui va donner cette sensation de faim importante. Mais cela n’aboutit jamais à un malaise ou à un coma.»

Entre récompense et mauvaise habitude

En ôtant ses chaussures à la maison, nous sommes nombreux à être tentés de grignoter avant le repas. «Cette fringale avec la sensation de faim n’est pas du tout la même que celle de 21hdevant la TV, précise Marie-Aude Delmotte, diététicienne. D’un côté, on a une sensation physiologique de faim, de l’autre une compulsion.»

La faim du début de soirée s’explique de plusieurs manières. «À distance des repas, le taux de sucre a un peu tendance à baisser, indique Nicolas Paquot. Surtout si on a mangé un repas trop sucré avant. On produit alors beaucoup d’insuline pour réguler le taux de sucre et celui-ci peut descendre trop bas. Et si on prend une gaufre au sucre et un Coca en collation, on a un coup de barre deux heures après.» Marie-Aude Delmotte évoque aussi les repas trop légers: «Une salade à midi, sans féculents parce que cela fait soi-disant grossir… Quelques heures plus tard, on meurt de faim et on bondit sur la première barre chocolatée ou les premières chips qui passent, tout en culpabilisant. Chez certains, cela peut aussi être dû au fait qu’on décompresse: “ J’ai fini ma journée de travail, je me récompense par de la nourriture ”. Le gras et le sucré (qui ont une grande intensité gustative) stimulent la dopamine, hormone du bonheur.» Quant à la compulsion d’après-dîner, elle s’explique par les habitudes. «Si le repas était bien complet, on n’a pas besoin de manger plus tard dans la soirée, note le professeur de nutrition. C’est juste une mauvaise habitude.»

 

 

«Quatre astuces antifringale», à lire aussi dans le Deuzio de ce samedi 13 février 2016, sur tablette, smartphone ou PC