BRUXELLES

Le Cinquantenaire prend l'eau: un parcours art déco en panne sèche

Le Cinquantenaire prend l'eau: un parcours art déco en panne sèche

Les musées du Cinquantenaire sont à la merci des pluies. BELGA / Illustration

Les seaux et les serpillières tiennent compagnie aux momies du Cinquantenaire. les Musées Royaux aimeraient rénover des salles en piteux état pour exposer du mobilier art déco. Un sponsor a donné 500.000 euros. Mais la Régie tarde à rénover le toit.

Malgré 500.000 euros d’un généreux sponsor, des fuites se jouant des murs et plafonds des Musées royaux d’Art et d’Histoire du Cinquantenaire continuent de percoler. L’information est donnée par De Standaard ce 9 février, et fait suite à la découverte de fuites similaires aux Beaux-Arts, dans le centre de Bruxelles.

Des momies les pieds dans l’eau

Le Cinquantenaire prend l'eau: un parcours art déco en panne sèche
Certaines momies ont pris l’eau. Reporters / STG
D’après De Standaard, fuites et courants d’air sont partout au Cinquantenaire. Ce qui a nécessité la fermeture de plusieurs salles. Seaux et serpillières agrémentent la visite. Et des glissements de terrain se produisent dans les réserves, ce qui réduit l’espace de stockage. «Il y a eu des momies dans l’eau», témoigne Ingrid De Meuter, du Musée du Cinquantenaire.

Le budget d’un demi-million, dû au Fonds InBev-Baillet Latour, est alloué pour rénover des salles art déco et art nouveau. Mais d’après nos confrères flamands, les rénovations traînent car «la Régie cherche encore un entrepreneur». Deux appels d’offres publics sont restés sans réponse. «La Régie peut maintenant désigner elle-même un entrepreneur», assure au Standaard Ingrid De Meuter. «Ça devient urgent. D’abord parce que les fuites s’aggravent. Mais aussi car le musée risque de perdre un subside fédéral ponctuel cette année».

Horta, bijoux et mécènes attendent

Le Cinquantenaire prend l'eau: un parcours art déco en panne sèche
L’idée est de créer un parcours art déco pour exposer, entre autres, du mobilier d’Horta et van de Velde (photo). BELGA
Le sponsoring privé comme le subside public doivent servir a réaménager les salles vides en un parcours art déco moderne et grand public. C’est tout l’art intérieur du XVIIIe au XXe siècle qui doit y trouver place. Une vitrine des anciennes joailleries Wolfers, due à Victor Horta, sera reproduite pour exposer mobilier, verrerie, argenterie et lustrerie pour l’instant relégués dans les réserves. L’entrepreneur de ce chantier est désigné. Les mécènes attendent un calendrier.

«Mais nous ne pouvons pas nous lancer car nous ne savons pas quand les réparations de la toiture vont commencer», déplore Ingrid De Meuter. «Il est irresponsable d’exposer là une collection de valeur sans un toit pour les protéger».

Le Cinquantenaire prend l'eau: un parcours art déco en panne sèche
Le Cinquantenaire et ses trésors de toutes les époques de l’Histoire reste une destination prisée des écoles belges et des touristes étrangers. Reporters